Jeudi 21 mai 2009
Après le petit déjeuner, nous empruntons une voiture à la marina pour aller faire un dernier avitaillement en produits frais au super marché qui est à trois miles environ. Ici, de nombreuses marinas offre un service de navettes gratuites avec les centres villes ou les super marchés ou vous prêtent un véhicule. Ce prêt est limité à une heure, mais s’il est libre, vous pouvez le reprendre une autre heure.
De retour au bateau, avec CLAUDE, nous partons à la capitainerie régler le montant de notre stationnement dans la marina.
Ensuite, les CLAUDE’S sortent se mettre au mouillage devant la marina et nous, nous prenons la route pour l’avant dernière étape de navigation sur l’intracoastal.
Ils vont attendre ainsi vingt quatre heure que la mer se soit calmée après le mauvais temps de ces derniers jours et la rotation du vent qui doit leur être plus favorable pour leur remontée vers NORFOLK où nous avons rendez vous lundi.
La sortie de BEAUFORT est un peu périlleuse car il faut slalomer entre les bancs de sables, insuffisamment signalés pour nous, touristes. Nous sommes à marée basse, le marnage est d’un mètre environ et cela peut faire la différence dans les chenaux creusés par les courants. Nous passons en étant très attentifs et rejoignons l’ICW quelques miles plus loin.
L’après midi se déroule sans histoire, nous retrouvons notre vitesse de croisière de
9 KN environ. Sur le chemin maritime, nous croisons une grande barge chargée de potasse qui nous fait redoubler d’attention, eu égard son gabarit.
Quelques minutes après, nous quittons le canal pour nous mettre au mouillage dans une petite rivière qui m’avait semblée proposer un havre de paix afin d’y passer confortablement la nuit. Il y a déjà un autre trawler et celui qui nous suivait depuis un moment vient s’y réfugier aussi, ce qui nous fait dire que notre choix est bon. Nous mouillons à quelques dizaines de mètres les uns des autres en prenant bien soin de se mettre à une distance suffisante afin de ne pas se gêner lors de l’évitement des bateaux si le vent changeait de direction.
Vendredi 22 mai 2009
Après une nuit paisible dans un calme absolu, nous partons vers 7H 30.
Nous pensons faire un autre mouillage ce soir avant de traverser le PALMICO SOUND, une embouchure la plus grande sur cette côte Est des USA.
Arrivant en début d’après midi sur notre point d’arrêt, après réunion du conseil d’administration du bord et à l’unanimité des voix, nous décidons de continuer et d’aller jusqu’à une jolie petite ville dénommée ELISABETH CITY, située sur la voie secondaire de l’ICW, et qui offre l’hospitalité pendant deux nuits.
Nous allons donc emprunter le DISMAL SWAP CANAL qui est une seconde possibilité de rejoindre NORFOLK pour cette fin de l’intracoastal. Aux dires de tous, cette voie là est très agréable et serpente dans la forêt.
Nous arrivons à 18H à destination et devant le nombre important de bateaux en rapport à la capacité des quais, nous comprenons que nous n’allons pas être seuls sur cette voie et nous sommes également inquiets car nous ne voyons pas de place disponible pour accoster. Finalement, nous nous installons derrière un catamaran sur le seul endroit encore disponible contre un quai un peu à l’écart des autres bateaux, ce qui ne nous dérange pas, nous serons plus au calme.
Nous allons faire un tour de reconnaissance et nous présenter aux autorités mais nous trouvons portes closes.
Nous rencontrons un couple de québecquois qui nous informe des us du lieu.
Retour au bateau et nous nous couchons de bonne heure car nous sommes fatigués car nous avons fait près de 90 NM aujourd’hui.
Samedi 23 mai 2009
Après un petit déjeuner copieux, nous partons faire un tour en ville et faire notre entrée administrative à la marina.
Il ne nous est même pas demandé le nom du bateau ni nous passeports, on nous donne les plans de la ville en nous souhaitant bienvenue.
La ville est très petite, pour la partie située devant le « water front », et est circonscrite entre quatre rues. Nous en avons rapidement fait le tour.
Nous commandons du pain frais pour demain.
L’après midi se passe assis sur les bancs situés devant le bateau, le vent de Sud Est s’étant levé et crée un fort clapot qui vient butter contre le bateau et le quai ce qui est très inconfortable.
Nous attendons 5H de l’après midi car il existe une tradition bien sympathique. Une organisation locale de bienfaisance, les ROSES BUDDIES organise tous les samedis une réception en l’honneur des voyageurs nautiques qui sont au quai de la ville. Collations et gâteaux sont offerts à l’occasion de cette réunion. Malheureusement, tous les équipages des bateaux attendent mais ce sera pour une autre fois car il ne se passera rien aujourd’hui. Quelques bateaux battants pavillons américains organisent dans leur coin cette petite fête mais nous n’y sommes pas conviés. Dommage pour notre leçon d’anglais du jour.
Dimanche 24 mai 2009
Après avoir été acheté une « french baguette » à la grocery du coin, nous larguons les amarres vers 10H 30 après un orage. Le ciel est très chargé ce matin avec un petit vent du Sud.
Le trajet est marqué par le passage de notre première écluse en terre américaine et cela nous angoisse un peu. Ce n’est que la deuxième de notre vie de navigateurs. Nous y arrivons un quart d’heure avant l’ouverture du sas d’entrée, suivi d’un autre trawler qui est derrière nous depuis deux heures environ.
Pour arriver jusque là, nous avons remonté la rivière PAQUOTANK RIVER, avec un lit assez large au départ. Elle devint une petite rivière serpentant dans la forêt. Il a été utile que je prenne la barre car elle était très sinueuse et par deux fois nous avons touché les branches basses des arbres sur les rives. Par contre, le fond était stable entre cinq et six mètres au centre et plus de deux mètres sur les berges.
Cette première écluse a été passée en compagnie de deux autres bateaux avec beaucoup d’attention de notre part mais avec succès sans aucun incident. Nous voyons une magnifique voiture de sport rouge flambant neuf, une CHEVROLET CORVETTE et le « commandant de l’écluse » me dit que c’est sa voiture personnelle. Mais qu’elle n’est pas notre surprise de le voir partir à toute vitesse avec pour aller quelques centaines de mètres plus loin pour nous ouvrir le pont qui va nous libérer.
Nous reprenons notre route après avoir doublé le petit voilier qui nous précédait.
Deux heures plus tard, nous arrivons au centre d’information du DISMAL SWAMP CANAL, qui doit être là pour informer les touristes à terre et nous y retrouvons sept voiliers battant pavillon américain.
Ce matin, en partant d’ELISABETH CITY, la petite marina municipale était quasiment vide, ce qui nous a étonnés. Nous retrouvons une grosse partie de ces bateaux ici. Ainsi, nous supposons qu’il est difficile de passer les deux écluses dans la journée étant donné la distance à courir entre elles. Nos amis américains, en fin connaisseurs, avaient programmés cette escale au milieu du parcours dans la forêt.
Nous continuons donc en espérant que l’on trouvera un endroit pour passer la nuit, avant la prochaine écluse qui doit nous libérer de l’intracoastal.
Nous avons toujours un temps très menaçant au dessus de nos têtes et nous ne nous sommes pas installés sur la terrasse aujourd’hui. Nous essuyons un très violent orage vers 4H de l’après midi. On se croirait à la tombée de la nuit et il faut que j’écarquille les yeux afin de trouver notre route dans cette trouée d’arbres et sur cette eau noire. De temps à autre, je dois slalomer afin d’éviter quelques troncs et autres branches d’arbres flottant à la dérive.
Nous arrivons à 5H devant le pont qui commande la seconde écluse et posons nos amarres sur un petit quai où est déjà stationné un voilier que nous avions vu hier. Nous faisons connaissance avec un sympathique couple de québecquois.
Nous sommes au carrefour de deux routes nationales sur laquelle il y a beaucoup de trafic. Nous avons à une dizaine de mètres du quai un snack mexicain un peu zone, une station essence et une grocery. L’endroit est peu ragoutant.
Nous invitons le québecquois et la française expatriée à bord de NA MAKA devant les incontournables bières que nos amis ont l’habitude de déguster en connaisseurs en se promettant de ne pas se laisser déborder au matin par la dizaine de voiliers américains qui stationnent sur la route derrière nous. Nous prenons nos repas à nos bords respectifs
Lundi 25 mai 2009
Ce matin, tout le monde est sur le pied de guerre à 8H. Le pont qui commande la seconde et dernière écluse ouvre à 8H 30. Je surveille l’arrivée du canal et à 8H 10, je sonne l’alerte car on aperçoit un trawler et un seul autre voilier.
Dès que le « commandant de pont » est à son poste, nous faisons mouvements et les deux bateaux arrivés ont la courtoisie de nous laisser passer les premiers.
Les derniers miles de l’intracoastal sont parcourus rapidement.
Dernier virage sur bâbord (à gauche), un nouveau grand pont de franchit sans difficulté et on entre dans un grand port de commerce long de plus de dix kilomètres.
Nous passons sous plusieurs ponts métalliques, qui s’ouvrent très rapidement à notre arrivée ou qui restent ouverts en permanence et qui ne sont abaissés que lorsque quelqu’un veut les emprunter. C’est le cas notamment des ponts sur les voies ferrées.
NORFOLK abrite également la plus importante base de la marine de guerre américaine. Nous voyons rassemblés au même endroit plus de bateaux de tous types que dans toute une vie de voyageurs hydrophiles. Il y a des bateaux à la casse, des destroyers, des escorteurs, des bateaux de soutiens stratégiques, des transports de matériels et de troupes, un sous marin et quatre portes avions, dont deux en services. D’importants systèmes de sécurités sont mis en œuvre également afin de protéger tous ces navires d’une quelconque attaque, patrouilles lourdement armées sur l’eau, filets flottants et sous marins, miradors avec militaires en armes scrutant leur environnement proche et on a surement pas tout vu.
Nous circulons à petite vitesse imposée dans le chenal commun à tous les bateaux, gros et petits et semblons passer en revue l’US NAVY.
C’est inimaginable de voir concentré ici tout cet arsenal de machines de guerre, s’en est décourageant.
Lors de la traversée du port de commerce, on croise un porte containeur de la compagnie MAERKS LINES et nous sommes « pris en charge » par un gros dinghy des COAST GUARD armés jusqu’aux dents et mitrailleuse lourde en batterie sur le pont avant qui reste à notre proche côté pour nous escorter et au milieu du bateau commercial, un collègue prend la relève jusqu’à ce que l’on se soit éloigné du bateau.
Avaient-ils peur d’une subite attaque de notre part ou bien voulaient-ils nous porter secours pour le cas ou un containeur nous tomba dessus ?
Nous sommes contents de sortir de cet endroit bien peu avenant et nous rentrons dans la CHESAPEAKE BAY et prenons avec joie la direction d’un endroit que nous espérons plus calme, BACK RIVER et où nous nous sommes donnés rendez vous avec les CLAUDE’S. Quand nous y arrivons deux heures plus tard, nous avons la surprise de les trouver déjà installé au mouillage depuis un quart d’heure.
Retrouvailles faites autour de l’apéritif du soir afin de nous conter nos quatre jours de navigations respectives. L’endroit est certes reposant quoique, un peu grand et ouvert à tous les vents. A notre désespoir, nous sommes garés en bout d’une piste d’aviation. Une autre grande base aérienne de l’US NAVY est implantée là. Cela nous vaudra d’être réveillés à 6H du matin par l’hymne américain qui est diffusé par les hauts parleurs de la base pour réveiller le personnel.
Nous partons dans l’heure suivante vers un autre mouillage que nous avons pris soin de choisir dans un petit bras de mer ou de rivière, on ne sait plus.
Mardi 26 mai 2009
Nous arrivons vers 13H dans un petit mouillage, WARE RIVER où est déjà installé un autre voilier américain, mais il y a assez de place pour plusieurs bateaux. Par contre, le temps est exécrable, avec plafond nuageux très bas et dense, vent avec fortes rafales et la température s’est à nouveau rafraichie. Néanmoins, nous sommes parfaitement à l’abri sur une eau calme.
Nous sommes confrontés à un nouveau problème en navigant dans la CHESAPEAKE BAY, c’est le nombre incalculable de casiers pour capturer des crabes. Il y en a des centaines de milliers partout installés et seuls quelques chenaux de navigations en sont épargnés. On est donc tout le temps très attentifs pour ne pas en prendre un dans les hélices.
Mercredi 27 mai 2009
Le départ est donné à 9H ce matin pour une petite ville où les CLAUDE’S voudraient laisser leur bateau pour l’été et l’hiver prochain pendant qu’ils visiteront les USA et le CANADA en camping car, DELTAVILLE.
Nous arrivons les premiers sur le site et décidons en attendant nos amis de rentrer dans les méandres autour desquels est implanté la ville et de repérer le chantier avec lequel ils avaient eu des contacts. Nous avons la surprise de constater qu’ils ne peuvent accéder au chantier que lorsque la marée est haute et encore car on a détecté deux endroits où ils risquaient de talonner. Nous ressortons et gagnons notre lieu de replis derrière une petite presqu’ile sur laquelle sont construites de très belles et cossues villas. Trois marinas et deux chantiers sont également implantés dans cette baie. Le mouillage est très agréable et parfaitement protégés de tous les vents.
SCORSEAU arrive vers 5H et jette son ancre à quelques dizaines de mètres de nous. Ce soir a été programmée une grande soirée de recueillement à bord de
NA MAKA. Nous avons « exhumé » des fonds du bateau, quelques boites de conserves de très bonne qualité contenant des confits de canards et du cassoulet préparé avec ce magnifique volatile. Nous en avions totalement oublié l’existence.
Donc rendez-vous est donné pour 7H avec apéritif et repas dans le cockpit avec cet inestimable met arrosé d’un bon vin rouge de ROUQUETTE, mais nous buvons là les dernières bouteilles. La soirée comblera nos espoirs et nous partons nous coucher tard et gavés.
Jeudi 28 mai 2009
Le réveil sera long et cette matinée sera passée à bord des bateaux afin de parfaire l’entretien respectif de nos fiers coursiers.
En fin de matinée, nous allons au chantier qui a été retenu pour hiverner SCORSEAU. Leur secrétaire nous accompagne au super marché de la ville avec son véhicule.
Il faut être conscient qu’ici, aux USA, rien n’est possible sans disposer d’une voiture. Tout est grand, il n’y a pas de centre ville au sens où nous l’entendons. Il faut prendre sa voiture pour tous les actes de la vie courante, ni les restaurants ni les magasins ne sont proches les uns des autres et il faut toujours se déplacer sur des distances trop importantes pour être effectuées à pieds.
Nous marchons pourtant souvent sur quelques kilomètres pour aller sur un lieu intéressant pour nous et sommes souvent regardés avec étonnement par les locaux qui sont visiblement étonnés de voir des piétons en pleine campagne.
Nous déjeunons dans un restaurant qui nous a été conseillé par JOHN, le patron du chantier qui est à dix minutes de marche du super marché. Les achats effectués, la gérante du magasin nous raccompagne jusqu’à nos bateaux.
Nous apprécions beaucoup le service de tout le monde, ici. Je ne crois pas me rappeler qu’un seul super marché propose à ses piétons de clients de les raccompagner à leur domicile.
Vendredi 28 mai 2009
Aujourd’hui sera consacré à la communication avec la terre.
CLAUDE commence à écumer les sites de vente de camping car et je réponds à tous mes courriels, personnels et professionnels. Je commence aussi à regarder les bateaux type trawler de 55 pieds qui sont sur le marché de l’occasion en Amérique.
vendredi 13 novembre 2009
dimanche 17 mai 2009
ST AUGUSTINE SOUTHPORT
Dimanche 26 avril 2009
Après le départ de nos vacanciers, nous partons en direction de
SAINT AUGUSTINE, prochaine étape où nous avons rendez vous avec nos amis CLAUDE’S.
Le trajet se déroule sans problème et nous y arrivons vers 17H. Nous restons dans un mouillage calme à deux miles de la ville que nous rejoindrons demain matin pour retrouver SCORSEAU qui est venu par la mer.
du lundi 27 au mercredi 29 avril 2009
Ces trois jours sont consacrés à la découverte de la ville que toutes les informations recueillies et les guides nous invitent à parcourir.
C’est la première ville qui ressemble à une vraie ville. Elle a un fort caractère d’authenticité et est à échelle humaine. Elle a été fondée en 1564 par les français et les espagnols ont revendiqués ces territoires quelques temps plus tard. Elle restera longtemps dans les dépendances espagnoles et sera évidemment conquise par l’Angleterre qui la cèdera aux américains en 1760 lors des guerres d’indépendances. Ces trois pays se disputaient systématiquement les territoires conquis par les uns ou les autres.
C’est la première ville aux USA que nous voyons avec une rue commerçante piétonne. Dans cette rue, il y a plusieurs vieilles maisons en bois restaurées et la plus ancienne école du pays encore debout (style de la petite maison dans la prairie).
Notre mouillage est situé en face de la marina municipale et du centre ville. Nous pouvons laisser notre annexe au ponton de la marina contre la modeste cotisation de 10 USD, mais nous avons droit d’utiliser les commodités du lieu. C’est la première fois que nous payons pour laisser « petit na maka » quelque part. Il semblerait qu’ici, il ne soit pas utile d’attacher l’annexe et de tout cadenasser, on nous affirme que l’on est en sécurité partout. C’est vrai que nous sommes « à la campagne » et que nous n’avons jamais ressenti la moindre insécurité depuis notre arrivée aux USA.
Nous rencontrons beaucoup de touristes étrangers et américains. Les visites de la ville peuvent se faire avec plusieurs moyens de locomotions et en particulier en calèche avec guide cocher.
Jeudi 30 avril et Vendredi 1er mai 2009
Nous avons décidé tous les quatre de rallier au plus direct la ville de SAVANNAH qui est elle aussi un haut lieu touristique. Le trajet se déroule dans une routine qui pourrait sembler ennuyeuse mais qui, heureusement nous fait traverser des contrées sauvages et superbes. Nous y côtoyons une importante faune très diversifiée.
Agnès rage tous les jours contre les nombreux dauphins que nous voyons autour du bateau car il est très difficile de les filmer et elle voudrait garder un joli souvenir de ces rencontres. Ils semblent vraiment très proches de notre condition. Ce sont les seuls « habitants des eaux » qui viennent nous voir, ils nous regardent en nageant sur le côté, sautent à côté du bateau quand nous les applaudissons, font des cabrioles en surfant les vagues du bateau. Les jeunes dauphins nagent collés à leur mère et s’y confondent comme leur ombre. C’est vraiment une joie chaque fois renouvelée de les voir nager autour du bateau.
Nous arrivons en fin d’après midi au point de mouillage décidé avec les CLAUDE’S afin de s’y retrouver dès qu’ils arrivent. Nous y passerons une très mauvaise nuit, dans la jonction d’un petit bras d’eau qui sort sur l’ICW. D’abord, le courant nous chahute comme il veut, puis cela doit être le chemin pour aller vers une zone habitée car de nombreux bateaux à moteurs passent toujours à donf !!!!
Pour la nuit, j’allume bien sur les feux de mouillages mais de plus, je rajoute une lampe flash clignotante afin d’être bien vu de toute part. La nuit se passe sobrement.
du samedi 2 au lundi 4 mai 2009
Au matin, dès que nos amis arrivent, nous partons vers la ville distante de huit miles nautiques.
Nous sommes surpris de ne pas trouver de marina alors que les guides faisaient mention d’une marina municipale. Nous trouvons des quais flottants le long du fleuve SAVANNAH RIVER qui sont déjà occupés par de nombreux bateaux de toutes tailles. Nous décidons d’accoster au quai privé de l’hôtel HAIAT afin de voir comment se passent les opérations ici. CLAUDE, de son côté, se met à couple d’un voilier sur un autre quai et nous marchandons chacun de notre côté.
Nos moyens ne nous permettent pas de rester chez les riches, d’autant plus qu’ils attendent deux yachts qui ont réservés. CLAUDE se fait une petite place au fur et à mesure que des petits bateaux partent et négocie avec des locaux pour nous laisser leur place et de les prendre à couple de NA MAKA. Aussitôt accepté et je suis là pour faire les manœuvres. Tout fini bien et nous sommes contents d’arrêter les moteurs car cela fait plus de deux heures que nous tournons.
Nous trouvons une ville en fête. Il faut préciser que nous sommes sur « le quai municipal », en plein centre ville devant LA PLACE.
La ville est superbe, organisée autour de nombreux squares qui structurent les carrés de maisons. Nous y ressentons une douceur de vivre extraordinaire, très peu de voitures et surtout pas un coup de klaxon, des gens déambulant nonchalamment. Il est vrai que nous sommes dans une ville du sud où nous y rencontrons pour la première fois une forte population de gens de couleur. C’était un des bastions de l’esclavagisme au 18e siècle. Pendant la Guerre de Sécession, les riches propriétaires terriens et les commerçants se sont opposés au pouvoir des nordistes. Le pays en a été profondément meurtri. Nous voyons de nombreux drapeaux des confédérés sudistes toujours accrochés au fronton des maisons.
C’est la première fois que nous rencontrons un grand nombre de personnes obèses. Nous sommes bien partis de la Floride, état riche et nous sommes arrivés dans les états du sud, plus défavorisés depuis quelques centaines d’années.
Il y a également beaucoup de touristes qui viennent gouter à la quiétude des lieux.
Nous avons très rapidement eu une autre surprise. Dans la soirée, nous entendons un très fort coup de klaxon au loin et en nous retournant, nous voyons arriver un porte containers qui remonte la rivière. Il nous passe devant à petite vitesse escorté par deux remorqueurs. En fait, après la ville, il y a un important port de commerce. Nous verrons donc défiler presque tous les armements de la marine marchande.
Nous avons également gouté à la cuisine locale, des crabes et des crevettes apprêtés à toutes les sauces, et particulièrement dans l’une des plus vieilles tavernes de la côte, THE PIRATE’S HOUSE, existante depuis 1753, bâtisse construite en bois. Ces trois jours de repos et de visite seront très agréable, nous repartons avec regrets.
Mardi 5 et mercredi 6 mai 2009
Nous reprenons le chemin du nord car nous avons une autre étape importante et aux dires de tous, aussi sympathique, la ville de CHARLESTON.
Départ à 7H le mardi matin avec une petite angoisse au ventre. Il ne doit rester dans les réservoirs que deux cent litres de gaz oil au maximum. Il nous a été impossible d’en trouver à SAVANNAH.
A midi, nous arrivons dans une petite ville, BEAUFORT, où je savais trouver du carburant dans une marina municipale, mais bon, rien n’est jamais sûr. Nous y ferons les pleins de gaz oil et d’eau potable, pendant que nous déjeunerons à bord. L’escale aura durée une heure et demi, mais avec plaisir car dans un calme absolu.
La suite du parcours sera une formalité et le mercredi à midi, nous jetons l’ancre devant la marina municipale de CHARLESTON (prononcer CHARL’STON) où nous retrouvons nos amis arrivés avant nous. Nous y restons pour la nuit.
Dans l’après midi, nous descendons à terre pour demander les tarifs de la marina municipale et pour faire une petite reconnaissance des alentours.
Nous décidons de retenir une bonne place pour deux jours à compter du lendemain.
Jeudi 7 et vendredi 8 mai 2009
Vers 8H du matin, nous allons prendre notre poste d’amarrage au quai intérieur et allons chercher en annexe nos amis restés au mouillage, afin d’aller visiter la ville.
Nous avons l’agréable surprise d’avoir à notre disposition, service gracieusement offert par la marina, une navette qui fait l’aller/retour toutes les heures avec le centre ville historique.
La vieille ville est situé sur une péninsule entre deux rivières, le centre historique étant concentré dans ce U formé par les anciens quais sur lesquels il y a maintenant une promenade périphérique. La ville est très arborée mais il n’y a pas de jardins publics. Les vieilles maisons sont très bien restaurées. On voit que cette partie de la ville abrite depuis toujours la bourgeoisie locale. Les maisons et les parcs privés sont entretenus avec un grand soin et chaque propriétaire veut systématiquement y rajouter sa touche. Cela donne des styles très mélangés au fil des ans et pas toujours d’une élégance remarquable. On y décèle souvent des lourdeurs suite à la juxtaposition de styles canons qui transforme les façades en datant presque chaque changement de propriétaires.
En plein centre ville, dans les anciens bâtiments rénovés de la poudrerie, il a été installé des petits commerces d’artisanat local où nous avons voulu acheter une corbeille à fruits tressée en fibre de roseaux. La corbeille, de trente centimètres environ de diamètre, nous a été proposée, prix affichés, à 400 USD !!!!!!! On a faillit s’étrangler, d’autant plus que comme artisanat local, j’en doute un peu, car nous avons vu les mêmes articles chez plusieurs vendeuses noires dans la ville. Le dernier prix a été de 200 USD, quand même. NA MAKA se passera de corbeille à fruits.
Jeudi après midi, nous avons été nous faire coiffer, Monsieur CLAUDE, Agnès et moi. Pour nous cela faisait six mois que nous n’avions pas parlé avec un coiffeur. Madame CLAUDE y était allée à SAINT AUGUSTINE.
A midi, nous avions déjeuné d’une grosse platée de crevettes, préparées de plusieurs façons, chez BOUBA GUMP, célèbre depuis le film FOREST GUMP. Le restaurant a basé sa décoration sur ce film et c’est très réussi. Sur chaque table, il y a deux panneaux disant chacun « RUN FOREST, RUN » ou « STOP FOREST, STOP » pour le service. Il faut expliquer que depuis une semaine environ, nous croisons beaucoup de bateaux armés pour pêcher la crevette et le crabe et nous retrouvons donc ces deux éléments partout dans la cuisine locale.
Samedi 9 mai 2009
Départ le matin à 7H pour rejoindre un mouillage à 9 NM de GEORGESTOWN où nous devons retrouver les CLAUDE’S qui font le voyage par la mer comme d’habitude. Nous y sommes vers 14H et ils y arrivent vers 18H.
Nous décidons de passer la nuit là et de monter sur GEORGESTOWN le lendemain matin. CLAUDE a son lap top en panne et il faut absolument le réparer ou le remplacer car c’est grâce à cet ordinateur que nous prenons la météo chaque jour. De plus les mauvaises nouvelles n’arrivant jamais seules, ils nous annoncent que pour les quatre prochains jours, il va faire très mauvais avec des violents orages pour ce soir et demain et du fort vent de Nord Est pour les jours suivant. Ce qui veut dire qu’ils ne pourront pas prendre la mer pour SOUTHPORT, objectif de notre prochaine étape.
Dans la nuit, nous sommes réveillés par un bruit de roulement. Nous sortons de notre couette et fouillons tout le bateau pour trouver l’origine de ce bruit constant.
Je finis par descendre dans la cale des moteurs pour m’apercevoir que les deux arbres d’hélices tournent. Je ne peux même pas les arrêter en les bloquant avec mes deux mains. Du fait du courant de marée que nous estimerons entre 4 et 5 N, cela entraine les hélices sous l’eau et donc les engrenages des boites à vitesses des deux moteurs. Ce n’est pas grave en soit, mais un peu ennuyeux mécaniquement.
Dimanche 10 mai 2009
Le lendemain matin, nous partons vers le bourg sous un déluge qui se calmera lors de notre arrivée dans la petite marina pour prendre une place.
Nous faisons une petite reconnaissance entre deux averses de cette petite bourgade et nous sommes bien dans un autre monde. C’est l’Amérique profonde, il y règne un calme absolu. Peu de voitures circulent, les gens que nous rencontrons nous saluent et nous parlent car ils voient rapidement que nous sommes des touristes étrangers, il semblerait qu’il n’y en ai pas d’autres en même temps que nous ici.
La marina qui nous abrite a de la place pour six à huit bateaux, pas plus.
La nuit sera calme.
Lundi 11 mai 2009
A la première heure, CLAUDE téléphonera à un informaticien recommandé par le dock master. Cet homme sera d’une efficacité remarquable car deux heures après, tout sera réparé pour un coût infime.
Nous déjeunerons dans un restaurant près des bateaux avec les incontournables « shrimp » préparés d’une façon très moderne et délicieuse. Nos amis nous annoncent que, comme la mauvaise météo est confirmée pour les jours à venir et que, pour ne pas rester en rade tout ce temps, ils feront les prochaines étapes en nous accompagnants sur l’intracoastal. Nous sommes donc désignés d’office pour leur ouvrir la route, du fait de leur important tirant d’eau. Nous sommes très contents de cette décision car ils pourront voir de nouveaux paysages.
Nous partons vers 15H pour une petite étape d’acclimatation.
En fait, on va remonter une importante rivière au milieu d’une grande forêt jusqu’à demain après midi. Cela sera pour nous également l’une de nos plus belles journées de navigation sur l’intracoastal.
Nous mouillons vers 18H dans un bras secondaire de cette rivière entre deux murs de végétation très dense qui nous donnent l’impression d’être perdu. La nuit nous enveloppe doucement et elle sera porteuse d’un gros sommeil dans un parfait isolement.
Mardi 12 mai 2009
Le lendemain, nous partons vers 8H 30. Le chemin sera le même que la veille, empruntant cette rivière qui se rétrécie au fur et à mesure de notre progression.
Nous apercevons de temps à autres quelques maisons dans la forêt, cela nous rassure car nous avons vraiment l’impression d’être perdu.
Vers la fin de l’après midi, nous sortons en fin de cette forêt et rejoignons l’intracoastal par un court canal de jonction.
Nous trouvons une petite marina au fil de l’ICW, nous accostons d’autorité car personne ne répond à nos appels radio et téléphoniques. Je colle NA MAKA contre un quai flottant et SCORSEAU se met à couple car il y a, là, juste la profondeur nécessaire à leur bateau.
Le matin, nous voyons le dock master, pas inquiet de notre présence et après avoir payé une petite cotisation pour la nuit, nous reprenons le canal.
Mercredi 13 mai 2009
C’est la première journée de navigation sur le canal où nous aurons à souffrir du mauvais temps. Un très fort vent d’Est souffle et nous l’avons par le travers ce qui gène la tenue de cap, je dois tout le temps compenser le pilote électrique. CLAUDE enregistrera 55 N de vent en rafales. Dans le passage des inlets, nous apercevons la mer et elle est très grosse. Malgré un fort clapot quand le canal est dans la même orientation que le vent, nous sommes bien mieux ici qu’en mer.
Nous sommes arrivés à SOUTHPORT et nous ne trouvons pas de mouillage ni de marina ayant assez de hauteur d’eau à marée basse pour SCORSEAU.
Nous continuons donc sur l’ICW pour trouver un endroit protégé où nous pourrons passer la nuit. Une dizaine de miles plus loin, vers 16H, nous nous mettons au mouillage dans une anse naturelle côté intérieur des terres, située derrière les villas du front de mer qui nous protègent du vent.
Tout redevient calme, l’eau est parfaitement plate et le vent se calme progressivement pour la nuit en diminuant de moitié sa violence.
Après le départ de nos vacanciers, nous partons en direction de
SAINT AUGUSTINE, prochaine étape où nous avons rendez vous avec nos amis CLAUDE’S.
Le trajet se déroule sans problème et nous y arrivons vers 17H. Nous restons dans un mouillage calme à deux miles de la ville que nous rejoindrons demain matin pour retrouver SCORSEAU qui est venu par la mer.
du lundi 27 au mercredi 29 avril 2009
Ces trois jours sont consacrés à la découverte de la ville que toutes les informations recueillies et les guides nous invitent à parcourir.
C’est la première ville qui ressemble à une vraie ville. Elle a un fort caractère d’authenticité et est à échelle humaine. Elle a été fondée en 1564 par les français et les espagnols ont revendiqués ces territoires quelques temps plus tard. Elle restera longtemps dans les dépendances espagnoles et sera évidemment conquise par l’Angleterre qui la cèdera aux américains en 1760 lors des guerres d’indépendances. Ces trois pays se disputaient systématiquement les territoires conquis par les uns ou les autres.
C’est la première ville aux USA que nous voyons avec une rue commerçante piétonne. Dans cette rue, il y a plusieurs vieilles maisons en bois restaurées et la plus ancienne école du pays encore debout (style de la petite maison dans la prairie).
Notre mouillage est situé en face de la marina municipale et du centre ville. Nous pouvons laisser notre annexe au ponton de la marina contre la modeste cotisation de 10 USD, mais nous avons droit d’utiliser les commodités du lieu. C’est la première fois que nous payons pour laisser « petit na maka » quelque part. Il semblerait qu’ici, il ne soit pas utile d’attacher l’annexe et de tout cadenasser, on nous affirme que l’on est en sécurité partout. C’est vrai que nous sommes « à la campagne » et que nous n’avons jamais ressenti la moindre insécurité depuis notre arrivée aux USA.
Nous rencontrons beaucoup de touristes étrangers et américains. Les visites de la ville peuvent se faire avec plusieurs moyens de locomotions et en particulier en calèche avec guide cocher.
Jeudi 30 avril et Vendredi 1er mai 2009
Nous avons décidé tous les quatre de rallier au plus direct la ville de SAVANNAH qui est elle aussi un haut lieu touristique. Le trajet se déroule dans une routine qui pourrait sembler ennuyeuse mais qui, heureusement nous fait traverser des contrées sauvages et superbes. Nous y côtoyons une importante faune très diversifiée.
Agnès rage tous les jours contre les nombreux dauphins que nous voyons autour du bateau car il est très difficile de les filmer et elle voudrait garder un joli souvenir de ces rencontres. Ils semblent vraiment très proches de notre condition. Ce sont les seuls « habitants des eaux » qui viennent nous voir, ils nous regardent en nageant sur le côté, sautent à côté du bateau quand nous les applaudissons, font des cabrioles en surfant les vagues du bateau. Les jeunes dauphins nagent collés à leur mère et s’y confondent comme leur ombre. C’est vraiment une joie chaque fois renouvelée de les voir nager autour du bateau.
Nous arrivons en fin d’après midi au point de mouillage décidé avec les CLAUDE’S afin de s’y retrouver dès qu’ils arrivent. Nous y passerons une très mauvaise nuit, dans la jonction d’un petit bras d’eau qui sort sur l’ICW. D’abord, le courant nous chahute comme il veut, puis cela doit être le chemin pour aller vers une zone habitée car de nombreux bateaux à moteurs passent toujours à donf !!!!
Pour la nuit, j’allume bien sur les feux de mouillages mais de plus, je rajoute une lampe flash clignotante afin d’être bien vu de toute part. La nuit se passe sobrement.
du samedi 2 au lundi 4 mai 2009
Au matin, dès que nos amis arrivent, nous partons vers la ville distante de huit miles nautiques.
Nous sommes surpris de ne pas trouver de marina alors que les guides faisaient mention d’une marina municipale. Nous trouvons des quais flottants le long du fleuve SAVANNAH RIVER qui sont déjà occupés par de nombreux bateaux de toutes tailles. Nous décidons d’accoster au quai privé de l’hôtel HAIAT afin de voir comment se passent les opérations ici. CLAUDE, de son côté, se met à couple d’un voilier sur un autre quai et nous marchandons chacun de notre côté.
Nos moyens ne nous permettent pas de rester chez les riches, d’autant plus qu’ils attendent deux yachts qui ont réservés. CLAUDE se fait une petite place au fur et à mesure que des petits bateaux partent et négocie avec des locaux pour nous laisser leur place et de les prendre à couple de NA MAKA. Aussitôt accepté et je suis là pour faire les manœuvres. Tout fini bien et nous sommes contents d’arrêter les moteurs car cela fait plus de deux heures que nous tournons.
Nous trouvons une ville en fête. Il faut préciser que nous sommes sur « le quai municipal », en plein centre ville devant LA PLACE.
La ville est superbe, organisée autour de nombreux squares qui structurent les carrés de maisons. Nous y ressentons une douceur de vivre extraordinaire, très peu de voitures et surtout pas un coup de klaxon, des gens déambulant nonchalamment. Il est vrai que nous sommes dans une ville du sud où nous y rencontrons pour la première fois une forte population de gens de couleur. C’était un des bastions de l’esclavagisme au 18e siècle. Pendant la Guerre de Sécession, les riches propriétaires terriens et les commerçants se sont opposés au pouvoir des nordistes. Le pays en a été profondément meurtri. Nous voyons de nombreux drapeaux des confédérés sudistes toujours accrochés au fronton des maisons.
C’est la première fois que nous rencontrons un grand nombre de personnes obèses. Nous sommes bien partis de la Floride, état riche et nous sommes arrivés dans les états du sud, plus défavorisés depuis quelques centaines d’années.
Il y a également beaucoup de touristes qui viennent gouter à la quiétude des lieux.
Nous avons très rapidement eu une autre surprise. Dans la soirée, nous entendons un très fort coup de klaxon au loin et en nous retournant, nous voyons arriver un porte containers qui remonte la rivière. Il nous passe devant à petite vitesse escorté par deux remorqueurs. En fait, après la ville, il y a un important port de commerce. Nous verrons donc défiler presque tous les armements de la marine marchande.
Nous avons également gouté à la cuisine locale, des crabes et des crevettes apprêtés à toutes les sauces, et particulièrement dans l’une des plus vieilles tavernes de la côte, THE PIRATE’S HOUSE, existante depuis 1753, bâtisse construite en bois. Ces trois jours de repos et de visite seront très agréable, nous repartons avec regrets.
Mardi 5 et mercredi 6 mai 2009
Nous reprenons le chemin du nord car nous avons une autre étape importante et aux dires de tous, aussi sympathique, la ville de CHARLESTON.
Départ à 7H le mardi matin avec une petite angoisse au ventre. Il ne doit rester dans les réservoirs que deux cent litres de gaz oil au maximum. Il nous a été impossible d’en trouver à SAVANNAH.
A midi, nous arrivons dans une petite ville, BEAUFORT, où je savais trouver du carburant dans une marina municipale, mais bon, rien n’est jamais sûr. Nous y ferons les pleins de gaz oil et d’eau potable, pendant que nous déjeunerons à bord. L’escale aura durée une heure et demi, mais avec plaisir car dans un calme absolu.
La suite du parcours sera une formalité et le mercredi à midi, nous jetons l’ancre devant la marina municipale de CHARLESTON (prononcer CHARL’STON) où nous retrouvons nos amis arrivés avant nous. Nous y restons pour la nuit.
Dans l’après midi, nous descendons à terre pour demander les tarifs de la marina municipale et pour faire une petite reconnaissance des alentours.
Nous décidons de retenir une bonne place pour deux jours à compter du lendemain.
Jeudi 7 et vendredi 8 mai 2009
Vers 8H du matin, nous allons prendre notre poste d’amarrage au quai intérieur et allons chercher en annexe nos amis restés au mouillage, afin d’aller visiter la ville.
Nous avons l’agréable surprise d’avoir à notre disposition, service gracieusement offert par la marina, une navette qui fait l’aller/retour toutes les heures avec le centre ville historique.
La vieille ville est situé sur une péninsule entre deux rivières, le centre historique étant concentré dans ce U formé par les anciens quais sur lesquels il y a maintenant une promenade périphérique. La ville est très arborée mais il n’y a pas de jardins publics. Les vieilles maisons sont très bien restaurées. On voit que cette partie de la ville abrite depuis toujours la bourgeoisie locale. Les maisons et les parcs privés sont entretenus avec un grand soin et chaque propriétaire veut systématiquement y rajouter sa touche. Cela donne des styles très mélangés au fil des ans et pas toujours d’une élégance remarquable. On y décèle souvent des lourdeurs suite à la juxtaposition de styles canons qui transforme les façades en datant presque chaque changement de propriétaires.
En plein centre ville, dans les anciens bâtiments rénovés de la poudrerie, il a été installé des petits commerces d’artisanat local où nous avons voulu acheter une corbeille à fruits tressée en fibre de roseaux. La corbeille, de trente centimètres environ de diamètre, nous a été proposée, prix affichés, à 400 USD !!!!!!! On a faillit s’étrangler, d’autant plus que comme artisanat local, j’en doute un peu, car nous avons vu les mêmes articles chez plusieurs vendeuses noires dans la ville. Le dernier prix a été de 200 USD, quand même. NA MAKA se passera de corbeille à fruits.
Jeudi après midi, nous avons été nous faire coiffer, Monsieur CLAUDE, Agnès et moi. Pour nous cela faisait six mois que nous n’avions pas parlé avec un coiffeur. Madame CLAUDE y était allée à SAINT AUGUSTINE.
A midi, nous avions déjeuné d’une grosse platée de crevettes, préparées de plusieurs façons, chez BOUBA GUMP, célèbre depuis le film FOREST GUMP. Le restaurant a basé sa décoration sur ce film et c’est très réussi. Sur chaque table, il y a deux panneaux disant chacun « RUN FOREST, RUN » ou « STOP FOREST, STOP » pour le service. Il faut expliquer que depuis une semaine environ, nous croisons beaucoup de bateaux armés pour pêcher la crevette et le crabe et nous retrouvons donc ces deux éléments partout dans la cuisine locale.
Samedi 9 mai 2009
Départ le matin à 7H pour rejoindre un mouillage à 9 NM de GEORGESTOWN où nous devons retrouver les CLAUDE’S qui font le voyage par la mer comme d’habitude. Nous y sommes vers 14H et ils y arrivent vers 18H.
Nous décidons de passer la nuit là et de monter sur GEORGESTOWN le lendemain matin. CLAUDE a son lap top en panne et il faut absolument le réparer ou le remplacer car c’est grâce à cet ordinateur que nous prenons la météo chaque jour. De plus les mauvaises nouvelles n’arrivant jamais seules, ils nous annoncent que pour les quatre prochains jours, il va faire très mauvais avec des violents orages pour ce soir et demain et du fort vent de Nord Est pour les jours suivant. Ce qui veut dire qu’ils ne pourront pas prendre la mer pour SOUTHPORT, objectif de notre prochaine étape.
Dans la nuit, nous sommes réveillés par un bruit de roulement. Nous sortons de notre couette et fouillons tout le bateau pour trouver l’origine de ce bruit constant.
Je finis par descendre dans la cale des moteurs pour m’apercevoir que les deux arbres d’hélices tournent. Je ne peux même pas les arrêter en les bloquant avec mes deux mains. Du fait du courant de marée que nous estimerons entre 4 et 5 N, cela entraine les hélices sous l’eau et donc les engrenages des boites à vitesses des deux moteurs. Ce n’est pas grave en soit, mais un peu ennuyeux mécaniquement.
Dimanche 10 mai 2009
Le lendemain matin, nous partons vers le bourg sous un déluge qui se calmera lors de notre arrivée dans la petite marina pour prendre une place.
Nous faisons une petite reconnaissance entre deux averses de cette petite bourgade et nous sommes bien dans un autre monde. C’est l’Amérique profonde, il y règne un calme absolu. Peu de voitures circulent, les gens que nous rencontrons nous saluent et nous parlent car ils voient rapidement que nous sommes des touristes étrangers, il semblerait qu’il n’y en ai pas d’autres en même temps que nous ici.
La marina qui nous abrite a de la place pour six à huit bateaux, pas plus.
La nuit sera calme.
Lundi 11 mai 2009
A la première heure, CLAUDE téléphonera à un informaticien recommandé par le dock master. Cet homme sera d’une efficacité remarquable car deux heures après, tout sera réparé pour un coût infime.
Nous déjeunerons dans un restaurant près des bateaux avec les incontournables « shrimp » préparés d’une façon très moderne et délicieuse. Nos amis nous annoncent que, comme la mauvaise météo est confirmée pour les jours à venir et que, pour ne pas rester en rade tout ce temps, ils feront les prochaines étapes en nous accompagnants sur l’intracoastal. Nous sommes donc désignés d’office pour leur ouvrir la route, du fait de leur important tirant d’eau. Nous sommes très contents de cette décision car ils pourront voir de nouveaux paysages.
Nous partons vers 15H pour une petite étape d’acclimatation.
En fait, on va remonter une importante rivière au milieu d’une grande forêt jusqu’à demain après midi. Cela sera pour nous également l’une de nos plus belles journées de navigation sur l’intracoastal.
Nous mouillons vers 18H dans un bras secondaire de cette rivière entre deux murs de végétation très dense qui nous donnent l’impression d’être perdu. La nuit nous enveloppe doucement et elle sera porteuse d’un gros sommeil dans un parfait isolement.
Mardi 12 mai 2009
Le lendemain, nous partons vers 8H 30. Le chemin sera le même que la veille, empruntant cette rivière qui se rétrécie au fur et à mesure de notre progression.
Nous apercevons de temps à autres quelques maisons dans la forêt, cela nous rassure car nous avons vraiment l’impression d’être perdu.
Vers la fin de l’après midi, nous sortons en fin de cette forêt et rejoignons l’intracoastal par un court canal de jonction.
Nous trouvons une petite marina au fil de l’ICW, nous accostons d’autorité car personne ne répond à nos appels radio et téléphoniques. Je colle NA MAKA contre un quai flottant et SCORSEAU se met à couple car il y a, là, juste la profondeur nécessaire à leur bateau.
Le matin, nous voyons le dock master, pas inquiet de notre présence et après avoir payé une petite cotisation pour la nuit, nous reprenons le canal.
Mercredi 13 mai 2009
C’est la première journée de navigation sur le canal où nous aurons à souffrir du mauvais temps. Un très fort vent d’Est souffle et nous l’avons par le travers ce qui gène la tenue de cap, je dois tout le temps compenser le pilote électrique. CLAUDE enregistrera 55 N de vent en rafales. Dans le passage des inlets, nous apercevons la mer et elle est très grosse. Malgré un fort clapot quand le canal est dans la même orientation que le vent, nous sommes bien mieux ici qu’en mer.
Nous sommes arrivés à SOUTHPORT et nous ne trouvons pas de mouillage ni de marina ayant assez de hauteur d’eau à marée basse pour SCORSEAU.
Nous continuons donc sur l’ICW pour trouver un endroit protégé où nous pourrons passer la nuit. Une dizaine de miles plus loin, vers 16H, nous nous mettons au mouillage dans une anse naturelle côté intérieur des terres, située derrière les villas du front de mer qui nous protègent du vent.
Tout redevient calme, l’eau est parfaitement plate et le vent se calme progressivement pour la nuit en diminuant de moitié sa violence.
dimanche 26 avril 2009
MIAMI TITUSVILLE
Dimanche 12 avril 2009
A une heure du matin, nous sommes à moins de 50 NM de l’entrée du port de MIAMI et ne voulant pas atterrir de nuit, nous réduisons notre vitesse de croisière.
A 8H, nous passons le mole d’entrée au milieu de nombreux bateaux à moteurs qui partent en ballades ou à la pèche, c’est dimanche.
La carte nous indique un chenal à prendre dans lequel sont stationnés au quai plusieurs paquebots de croisières. Très rapidement, nous voyons foncer sur nous à toute vitesse, un bateau de police, feux à éclats scintillants et sirène hurlante. Ceux ci nous abordent très violemment en nous invectivant de mots incompréhensibles avec leur haut parleur.
Naïvement, afin de savoir ce qu’ils veulent, nous leurs demandons s’ils parlent français ou espagnol. Nous comprenons qu’ici on est aux USA et que l’on parle anglais et ils nous obligent à faire demi-tour manu militari. Ce faisant, nous voyons un quai où sont stationnés plusieurs bateaux de COAST GUARD et nous nous dirigeons vers eux afin de connaitre les modalités d’arrivées. Ils veulent d’abord nous rejeter mais un d’eux nous explique avec calme la procédure et nous indique la marina où il faut stationner avant l’arrivée des douanes. Un de leurs canots nous y escorte, les occupants étant tous armés très visiblement
La suite des évènements se passe plus sereinement, tout se faisant par téléphone et personne ne viendra jamais à bord du bateau. Nous devons prendre un taxi pour aller jusqu’aux services de l’immigration afin d’avoir un permis de séjour pour six mois. Il est visiblement important d’arriver avec les visas déjà fait.
Le dock master nous apporte une aide précieuse car il faut que nous changions de langue et nous avons besoin de quelques temps, je maitrise l’anglais beaucoup moins bien que l’espagnol, Agnès est plus performante que moi, mais elle a besoin de ce temps d’adaptation. Elle est très énervée par la réception des autorités US.
Nous sommes bien arrivés dans un pays « riche », il nous est demandé 200 USD pour un jour à la marina et nous payerons tout de même 60 USD pour quatre heures.
Après avoir déjeuné à bord, nous reprenons la route pour rejoindre notre première escale dans le chantier où nous devons faire des travaux de maintenance sur le bateau, à FORT LAUDERDALE, distant de 20 NM. Nous nous y arrêterons dans une marina à 120 USD car nous sommes très fatigués après deux jours et une nuit de navigation.
Le trajet ne se fera pas sans émotion, nous prenons le canal qui doit nous conduire jusqu’à NEW YORK, l’intracoastal dit aussi l’ICW. Nous avons les premières frayeurs dès le départ car nous sommes entourés de bateaux de toutes tailles, principalement à moteurs qui naviguent dans les deux sens A FOND ABSOLU,
délirant et très dangereux. Après la première heure passée à étudier leurs comportements et nous ne sommes pas trop à deux, nous espérons qu’il n’en sera pas comme cela tout au long du chemin.
Nous sommes dans une zone protégée où vivent des lamantins, espèce protégée et on comprend pourquoi. Il est interdit d‘y naviguer vite et de faire des vagues ! J’en vois un à la surface de l’eau sur ma route à trente mètres environ et je stoppe le bateau pour ne pas le percuter, cela semble jeter la panique pour les bateaux qui nous suivent et les collisions ont été évitées de justesse.
Vers 23H, nos amis nous appellent à la radio car ils arrivent aussi et devant le prix excessif de la marina, ils se mettent à un mouillage cinq cent mètres plus loin.
Nous passons une grande nuit réparatrice après toutes ces émotions.
Lundi 13 avril 2009
Ce matin de bonne heure, nous avons un appel des CLAUDE’S qui ont déjà levés l’ancre car ils ont été réveillés par leur bateau qui reposait par terre avec la marée basse. Ils nous attendent cinq minutes devant la marina et nous prenons le chemin du chantier qui est à près de deux heures.
Nous ouvrons la route, n’ayant pas de problème de tirant d’eau et indiquons le bon chemin à nos amis. Nous allons serpenter dans la ville sur une petite rivière dont le cours a été canalisé, les berges sont toutes occupées par des propriétés ou des immeubles et commerces, nous faisons ouvrir de nombreux ponts et arrivons enfin à la marina LAUDERDALE MARINA CENTER.
En fait, c’est un vaste chantier dans lequel les bateaux de toutes tailles, surtout des yachts de plus de cent pieds (30 ml) sont entretenus et révisés.
Mardi 14 et mercredi 15 avril 2009
Nous passons deux jours à travailler sur les bateaux après avoir organisé le planning et le travail des autres intervenants.
Nous sortons NA MAKA de l’eau afin de lui faire la coque propre et de changer les anodes. Ce sont des éléments métalliques qui sont fixés dans l’eau sur la coque afin de réduire les phénomènes d’électrolyse. Nous mettons des anodes en magnésium adaptées à l’eau douce dans laquelle nous allons principalement naviguer les prochains mois.
Les travaux avançant normalement, nous décidons de louer une voiture pour deux jours afin d’aller faire une virée dans les EVERGLADES et voir les alligators.
Jeudi 16 avril 2009
Nous partons donc dans la matinée vers un parc naturel que les filles ont sélectionnée.
Malgré les explications et un plan un peu succinct, nous nous perdons très rapidement. Il y a trop de routes et d’autoroutes qui se croisent dans tous les sens et les indications ne sont pas toujours claires pour nous.
Nous retrouvons la bonne direction, des marins ne se perdent pas longtemps à terre et nous arrivons au SHARK VALLEY CENTER, pourquoi ce nom sur le territoire des crocodiles. C’est un parc national très ancien qui avait de nombreux canaux et marécages depuis la mer dans lesquels remontaient les requins.
Aujourd’hui, les terres sont très asséchées, du fait de la baisse des eaux ce dernier siècle et aussi parce que nous sommes en saison sèche et qu’il n’y a pas plu depuis novembre dernier.
Nous prenons le petit train qui fait le tour du parc en deux heures et avons beaucoup de commentaires de la guide. Entre les traductions de nos amis, qui parlent couramment la langue locale, et nos bases en la matière, nous suivons assez bien les explications.
Nous voyons beaucoup d’oiseaux de toutes familles, des serpents, des tortues et un grand nombre d’alligators.
Nous rentrons au chantier directement sans détour, cette foi-ci.
Vendredi 17 avril 2009
Cette journée est consacrée à l’avitaillement des bateaux en produits frais et de base en profitant de la voiture. Nous faisons également quelques achats chez le shipchandler national, WEST MARINE et nous faisons changer le moulinet de ma canne à pèche qui a cassé au quatrième poisson.
Mi après midi, nous allons à l’aéroport ramener la voiture que nous avions louée chez AVIS. Ayant une carte de membre du réseau européen, naïvement j’ai cru que cela pouvait faciliter la vie. Les choses sont différentes dans ce pays, le commerce, rien que le commerce et si en plus on peut arnaquer les touristes, c’est toujours ça de gagner. Nous prenons une voiture avec une date et heure de retour sur le contrat, le vendredi 17 avril à 17H 30. Nous ramenons la voiture avant mais AVIS nous fait payer une heure de supplément car il est 16H et nous avions pris la voiture à 15H. En montrant au préposé du guichet l’heure de retour indiqué sur le contrat, celui-ci la rayer et écrit l’heure de départ du véhicule. Nous nous insurgeons contre sa manipulation et CLAUDE, même en anglais commence à prendre une grosse colère. Tout le monde de chez AVIS se groupe et ça discutaille fort dans tous les sens. Bilan, il nous est facturé une heure supplémentaire pour 48 USD, soit un coût total de
348 USD pour deux jours de location d’une petite voiture.
Je leur ai déchiré ma carte de membre sur le comptoir, mais à leurs mines ahuries, j’ai l’impression qu’ils m’ont pris pour un fou. Donc, nous sommes au moins quatre à ne plus louer de voiture chez AVIS partout sur la planète. Pour contrôle, nous allons au guichet du loueur THYRTHY et ils nous font un devis pour la même chose pour 136 USD, on est fou furieux de s’être fait escroquer de la sorte.
On comprendra, après les explications des locaux et de Sylvain, qu’ici, les américains payent tout avec leurs cartes de crédits qui prennent en charge les assurances pour la location des voitures. Nous, ils nous ont chargés toutes les options payantes car ils ne savaient pas « si nos cartes de payement PREMIER fonctionnaient ». Après contrôle auprès de nos banques respectives, elles fonctionnent de la même manière que les cartes américaines.
Retour à notre base en taxi que nous dirigeons car il ne connait pas le chantier.
Samedi 18 avril 2009
Nous faisons le plein de carburant sur les deux bateaux, 250 galons pour NA MAKA et 40 pour SCORSEAU. Nous payons 2.25 USD les 3.8 litres soit 0.66 € le litre.
Nous finissons de mettre en ordre le bateau et installons un filet pour empêcher RAFAEL de tomber de sa couchette.
Sylvain et sa tribu arrivent vers 16H. J’interdis à tous ceux qui lisent cette prose de se moquer de moi quand je dis que ce petit est agréable, souriant et pas chouïneur. Voilà c’est dit.
Tout ce petit monde s’installe dans la cabine pour une semaine de vacances. Ils sont heureux d’être au soleil et savourent une chaude température après les – 10° de MONTREAL qu’ils ont quitté le matin.
Dimanche 19 avril 2009
Nous partons du chantier vers 10H 30 pour une première journée de navigation sur l’ICW avec les enfants.
Nous mettons une heure et demie pour rejoindre le canal au cœur de la ville et commencer notre remontée vers le nord.
Ils sont interloqués par ce qu’ils voient au long du parcours, belles propriétés, yachts et voitures. De plus, il fait beau temps.
Après une petite journée de 31 NM, nous jetons l’ancre dans un endroit recommandé par le guide que nous avons, SOUTH PALM BEACH, mais qui me semble exposé au vent dominant. Le vent qui souffle de l’Est n’est heureusement pas fort et de plus il n’y a pas d’autre possibilité. La nuit sera moyenne pour tous.
Lundi 20 avril 2009
Après un copieux déjeuner dans le cockpit, nous partons vers 8H 30 avec la ferme intention de nous trouver une marina sympathique avec une plage proche et un bon restaurant pour le soir.
A midi, nous prenons un quai dans une petite marina à JUPITER ISLAND, endroit très agréable, peu de bateau mais avec piscine, terrasse et barbecue. Le tarif est toujours élevé, 65 USD la nuit mais nous nous sommes fait une raison.
Nous passons une après midi à nous promener, essayant d’atteindre la plage qui est à cent mètres du bateau, mais nous ferons une longue distance avant de trouver le sable, le front de mer étant « privatisé » par les riverains et il n’y a aucun moyen d’accès pour le public. La commune a réalisé un petit parking coincé après un immeuble et donc l’accès à la mer est possible.
Nous partons plus tard vers un centre commercial situé à dix minutes de marche. Nous achetons quelques victuailles qui manquent dans l’inventaire des canadiens et trouvons un restaurant. En fait, il nous est servi une bonne nourriture qui nous change des fast-foods locaux.
Retour à bord et nous passons une agréable nuit.
Mardi 21 avril 2009
Départ à 9H. Notre petite équipe s’habitue au rythme de navigation.
J’avais repéré sur la carte électronique un petit mouillage complètement fermé dans lequel on arrive par un canal qui ne semble pas être très profond. Nous y arrivons vers 15H et grâce la marée qui est assez haute, nous nous faufilons jusqu’au mouillage. En effet, quand nous sommes installés, il nous semble que rien ne peut nous arriver.
Avec Sylvain, nous mettons « petit Namak » à l’eau et partons en reconnaissance afin de trouver un passage pour descendre à terre. Encore une fois, tout le bord de l’eau est privatisé et il nous semble impossible d’accoster sans transgresser l’interdiction de passer par une propriété privée. Après avoir fait le tour de cette anse et à la dernière tentative pour trouver une issue au travers de deux immeubles, un riverain nous hèle. Nous le rejoignons et Sylvain lui explique notre problème.
JO et sa femme nous accueille avec chaleur et nous invite à utiliser leur ponton sans restriction et nous informe sur l’environnement. Nous repartons chercher les filles et le bébé. Au retour, JO voulait que l’on laisse le bébé en garde à sa femme afin que nous soyons tranquilles et cela lui ferait énormément plaisir. Nous ne pouvons accepter pareille proposition bien que sympatique.
Nous partons jusqu’à la plage distante d’un mile et où nous trouverons des restaurants. Nous nous installons pour souper, à partir de 18H, dans le restaurant conseillé par JO. C’est bien mais le service est très long, ce qui n’est pas grave car nous sommes dans une grande terrasse extérieure et dans un décor très américain.
Nous rentrons au bateau et au passage chez JO, nous les remercions chaleureusement et échangeons nos coordonnées.
Mercredi 22 avril 2009
Départ ce matin à 9H 30. Cette journée sera celle où nous parcourons la plus grande distance car nous avons décidé d’aller jusqu’à TITUSVILLE qui est la ville du KENNEDY SPACE CENTER à CAP CANAVERAL. Nous ferons 43 NM.
Nous trouvons vers 15H une marina en retrait de l’ICW où nous nous installons pour la nuit, DRAGON POINT. En y arrivant, nous voyons à une petite centaine de mètres un gros dauphin qui a l’air d’être installé là, autour d’un ponton privé.
Sylvain met l’annexe à l’eau et par à la rame avec Audrey voir le dauphin. Ils en reviennent une heure plus tard émerveillé d’avoir côtoyés d’aussi près ce dauphin.
Nous partons faire un tour pour explorer le quartier, se dégourdir les jambes et souper. Dans le restaurant où nous entrons, nous n’aurons pas le repas commandé, Sylvain ayant demandé des ribs et il nous sera servi des steaks de bœuf cuit dans un bouillon comme un pot au feu. Passé le moment de surprise et demande d’explications à la serveuse, nous dégustons notre plat qui est très bon. Il n’était pas écrit RIBS mais RIPS et donc le résultat n’est pas le même.
Retour au bateau avec la tombée de la nuit. Nous nous faisons lentement au rythme américain, tout le monde soupe vers 18H. Les américains arrêtent leur travail à 16H et la fin de la journée semble consacrée à la détente avec les copains, tout le monde est au restaurant ou au bistrot avec une (l’une après l’autre) bière à la main. Ce sera une constante, chaque fois que nous voyons quelqu'un, très souvent c’est avec une canette de bière à la main. On ne va pas pouvoir faire un concours, on aura perdu par avance.
Jeudi 23 avril 2009
Nouveau départ à 9H 30 après le petit déjeuner matinal et les préparatifs du moussaillon. Il est prêt pour le prochain tour du monde. Il semble apprécier le bateau et surtout le doux ronron des moteurs car il en profite souvent pour dormir.
A 14H nous sommes à la marina de TITUSVILLE. Le dock master nous assigne un emplacement qui ne me parait pas assez large pour le bateau. Il faudra que je positionne le cul du bateau pour qu’il se rende à l’évidence. Nous prenons d’autorité une autre place qui est de la bonne dimension. Cela lui convient et nous restons là jusqu’à dimanche matin.
Nous partons en reconnaissance du « centre ville » et afin de trouver « un restaurant » afin de nous sustenter. Nous trouvons quelques stores (magasins) à proximité et un « fast food » de marque « PAPA’S JO ». Nous avons faillis mourir d’empoisonnement, de l’avis même des canadiens qui ont une certaine habitude de la mal bouffe. Enfin, on nous rappelle tous les jours que nous sommes aux USA.
Vendredi 24 avril 2009
Nous demandons à la capitainerie des informations sur le KENNEDY SPACE CENTER et sur les moyens de déplacement pour y aller. Il nous conseille de louer une voiture car le prix du taxi est très cher. Comme Sylvain a besoin d’une voiture dimanche matin pour retourner à FORT LAUDERDALE prendre l’avion du retour, nous décidons de louer une voiture pour deux jours à partir de ce vendredi midi et nous partons immédiatement voir les fusées.
Le KSC est un parc de loisirs à la gloire de l’Amérique, la conquête spatiale en étant le fil conducteur. Tout y est très bien organisé, depuis l’accueil et pendant tout le parcours. Nous optons pour la visite des installations extérieures en bus pour un tour de deux heures environ. Malheureusement pour nous encore, les commentaires sont en anglais, donc on ne comprend pas tout.
Le territoire de la NASA est gigantesque, ils ont clôturé et militarisé une superficie de 34 000 hectares. Il a été créé au début des années de 1950 et la NASA en octobre 1961. En 1975, le Congrès américain décide que la moitié du centre, les zones non utilisées, fera partie de la réserve naturelle Canaveral National Seashore où vivent plus de cinq cent espèces d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et de batraciens, sans oublier les alligators, présents partout.
Les installations s’étendent à perte de vue. Les installations sont démesurées, le bâtiment d’assemblage des fusées et navettes fait plus de cinquante mètres de haut sur trois hectares de surface au sol. Les deux pas de tirs sont constitués de plateaux de lancement octogonaux surélevés qui ont nécessité l’emploi de 52 000 m3 de bétons et sont équipés de deux tours chacun. La première est fixe et abrite l’ascenseur et les bras de maintient de la fusée, ceux qui se retirent quelques secondes avant le lancement et la seconde est pivotante et abrite la navette des intempéries avant le lancement et les équipements techniques permettant à la navette de vivre les dernières heures à terre. Les deux "crawler transporter", sont déjà classés monuments historiques. Ces engins montés sur chenilles transportent les navettes avec les propulseurs annexes du hangar d’assemblage jusque sur le pas de tir. Chacun d’eux pèse 2 700 tonnes et avance à la vitesse de un mile par heure.
A l’intérieur du centre d’attraction, il est possible de visiter des maquettes grandeur nature de la navette, de la station spatiale internationale du centre de contrôle du lancement des fusées. La fusée SATURNE V est installée couchée dans un hangar spécifique et on se ballade autour et dessous de l’engin. On se rend compte du gigantisme de cette machine qui a propulsée les astronautes vers la lune. On comprend mieux la complexité de ces missions à cette époque, pas si éloignée que ça, avec les moyens existants et on apprécie la performance et les sacrifices des hommes lancés dans cette exploration.
L’exploitation de ce centre de découverte est réalisée grâce à une forte majorité de personnes âgées, ce qui nous a étonnés car chez nous il y a un moment qu’ils sont à la retraite. L’image de l’entreprise s’en trouve altérée car cela ne représente pas une Amérique jeune et conquérante.
En fin de journée, nous passons voir nos amis qui viennent d’arriver à la marina de CAP CANAVERAL. Après de chaleureuses retrouvailles et les présentations des jeunes de la famille faites, nous prenons rendez-vous dans deux jours à SAINT AUGUSTINE.
Retour au bateau et repas à bord, tout le monde ressent une saine fatigue après cette journée bien remplie.
Samedi 25 avril 2009
Petite matinée en roue libre, rangements, discussions et préparation du traditionnel barbecue, soit BBQ en langage local. Nous avions achetés de beaux steaks et du charbon de houille. Nous avions à notre disposition, dans le jardin de la marina l’équipement nécessaire à la cuisson. Donc grosse bouffe au bateau où la bière a coulée à flot.
Avant de déjeuner, nous partons acheter une puce pour avoir une ligne de téléphone américaine. Je profite de la présence de Sylvain et de la pratique courante de l’anglais car on pense que cela limitera les risques de ne pas avoir contracté la bonne solution pour communiquer avec tous. Bonne pioche car Claude fera la même démarche mais aura une solution plus chère chez le même distributeur.
La soirée est consacrée à la confection des bagages et à la préparation de la route pour nous.
Dimanche 26 avril 2009
Réveil très matinal pour tout le monde, montre, téléphone et réveil réglés sur 5H du matin afin que les vacanciers prennent la route jusqu’à FORT LAUDERDALE distant de 200 miles et de sauter dans l’avion du retour. Toute l’opération sera couronnée d’un total succès.
Nous partons à 7H pour une grosse journée de 90 NM jusqu’à SAINT AUGUSTINE.
A une heure du matin, nous sommes à moins de 50 NM de l’entrée du port de MIAMI et ne voulant pas atterrir de nuit, nous réduisons notre vitesse de croisière.
A 8H, nous passons le mole d’entrée au milieu de nombreux bateaux à moteurs qui partent en ballades ou à la pèche, c’est dimanche.
La carte nous indique un chenal à prendre dans lequel sont stationnés au quai plusieurs paquebots de croisières. Très rapidement, nous voyons foncer sur nous à toute vitesse, un bateau de police, feux à éclats scintillants et sirène hurlante. Ceux ci nous abordent très violemment en nous invectivant de mots incompréhensibles avec leur haut parleur.
Naïvement, afin de savoir ce qu’ils veulent, nous leurs demandons s’ils parlent français ou espagnol. Nous comprenons qu’ici on est aux USA et que l’on parle anglais et ils nous obligent à faire demi-tour manu militari. Ce faisant, nous voyons un quai où sont stationnés plusieurs bateaux de COAST GUARD et nous nous dirigeons vers eux afin de connaitre les modalités d’arrivées. Ils veulent d’abord nous rejeter mais un d’eux nous explique avec calme la procédure et nous indique la marina où il faut stationner avant l’arrivée des douanes. Un de leurs canots nous y escorte, les occupants étant tous armés très visiblement
La suite des évènements se passe plus sereinement, tout se faisant par téléphone et personne ne viendra jamais à bord du bateau. Nous devons prendre un taxi pour aller jusqu’aux services de l’immigration afin d’avoir un permis de séjour pour six mois. Il est visiblement important d’arriver avec les visas déjà fait.
Le dock master nous apporte une aide précieuse car il faut que nous changions de langue et nous avons besoin de quelques temps, je maitrise l’anglais beaucoup moins bien que l’espagnol, Agnès est plus performante que moi, mais elle a besoin de ce temps d’adaptation. Elle est très énervée par la réception des autorités US.
Nous sommes bien arrivés dans un pays « riche », il nous est demandé 200 USD pour un jour à la marina et nous payerons tout de même 60 USD pour quatre heures.
Après avoir déjeuné à bord, nous reprenons la route pour rejoindre notre première escale dans le chantier où nous devons faire des travaux de maintenance sur le bateau, à FORT LAUDERDALE, distant de 20 NM. Nous nous y arrêterons dans une marina à 120 USD car nous sommes très fatigués après deux jours et une nuit de navigation.
Le trajet ne se fera pas sans émotion, nous prenons le canal qui doit nous conduire jusqu’à NEW YORK, l’intracoastal dit aussi l’ICW. Nous avons les premières frayeurs dès le départ car nous sommes entourés de bateaux de toutes tailles, principalement à moteurs qui naviguent dans les deux sens A FOND ABSOLU,
délirant et très dangereux. Après la première heure passée à étudier leurs comportements et nous ne sommes pas trop à deux, nous espérons qu’il n’en sera pas comme cela tout au long du chemin.
Nous sommes dans une zone protégée où vivent des lamantins, espèce protégée et on comprend pourquoi. Il est interdit d‘y naviguer vite et de faire des vagues ! J’en vois un à la surface de l’eau sur ma route à trente mètres environ et je stoppe le bateau pour ne pas le percuter, cela semble jeter la panique pour les bateaux qui nous suivent et les collisions ont été évitées de justesse.
Vers 23H, nos amis nous appellent à la radio car ils arrivent aussi et devant le prix excessif de la marina, ils se mettent à un mouillage cinq cent mètres plus loin.
Nous passons une grande nuit réparatrice après toutes ces émotions.
Lundi 13 avril 2009
Ce matin de bonne heure, nous avons un appel des CLAUDE’S qui ont déjà levés l’ancre car ils ont été réveillés par leur bateau qui reposait par terre avec la marée basse. Ils nous attendent cinq minutes devant la marina et nous prenons le chemin du chantier qui est à près de deux heures.
Nous ouvrons la route, n’ayant pas de problème de tirant d’eau et indiquons le bon chemin à nos amis. Nous allons serpenter dans la ville sur une petite rivière dont le cours a été canalisé, les berges sont toutes occupées par des propriétés ou des immeubles et commerces, nous faisons ouvrir de nombreux ponts et arrivons enfin à la marina LAUDERDALE MARINA CENTER.
En fait, c’est un vaste chantier dans lequel les bateaux de toutes tailles, surtout des yachts de plus de cent pieds (30 ml) sont entretenus et révisés.
Mardi 14 et mercredi 15 avril 2009
Nous passons deux jours à travailler sur les bateaux après avoir organisé le planning et le travail des autres intervenants.
Nous sortons NA MAKA de l’eau afin de lui faire la coque propre et de changer les anodes. Ce sont des éléments métalliques qui sont fixés dans l’eau sur la coque afin de réduire les phénomènes d’électrolyse. Nous mettons des anodes en magnésium adaptées à l’eau douce dans laquelle nous allons principalement naviguer les prochains mois.
Les travaux avançant normalement, nous décidons de louer une voiture pour deux jours afin d’aller faire une virée dans les EVERGLADES et voir les alligators.
Jeudi 16 avril 2009
Nous partons donc dans la matinée vers un parc naturel que les filles ont sélectionnée.
Malgré les explications et un plan un peu succinct, nous nous perdons très rapidement. Il y a trop de routes et d’autoroutes qui se croisent dans tous les sens et les indications ne sont pas toujours claires pour nous.
Nous retrouvons la bonne direction, des marins ne se perdent pas longtemps à terre et nous arrivons au SHARK VALLEY CENTER, pourquoi ce nom sur le territoire des crocodiles. C’est un parc national très ancien qui avait de nombreux canaux et marécages depuis la mer dans lesquels remontaient les requins.
Aujourd’hui, les terres sont très asséchées, du fait de la baisse des eaux ce dernier siècle et aussi parce que nous sommes en saison sèche et qu’il n’y a pas plu depuis novembre dernier.
Nous prenons le petit train qui fait le tour du parc en deux heures et avons beaucoup de commentaires de la guide. Entre les traductions de nos amis, qui parlent couramment la langue locale, et nos bases en la matière, nous suivons assez bien les explications.
Nous voyons beaucoup d’oiseaux de toutes familles, des serpents, des tortues et un grand nombre d’alligators.
Nous rentrons au chantier directement sans détour, cette foi-ci.
Vendredi 17 avril 2009
Cette journée est consacrée à l’avitaillement des bateaux en produits frais et de base en profitant de la voiture. Nous faisons également quelques achats chez le shipchandler national, WEST MARINE et nous faisons changer le moulinet de ma canne à pèche qui a cassé au quatrième poisson.
Mi après midi, nous allons à l’aéroport ramener la voiture que nous avions louée chez AVIS. Ayant une carte de membre du réseau européen, naïvement j’ai cru que cela pouvait faciliter la vie. Les choses sont différentes dans ce pays, le commerce, rien que le commerce et si en plus on peut arnaquer les touristes, c’est toujours ça de gagner. Nous prenons une voiture avec une date et heure de retour sur le contrat, le vendredi 17 avril à 17H 30. Nous ramenons la voiture avant mais AVIS nous fait payer une heure de supplément car il est 16H et nous avions pris la voiture à 15H. En montrant au préposé du guichet l’heure de retour indiqué sur le contrat, celui-ci la rayer et écrit l’heure de départ du véhicule. Nous nous insurgeons contre sa manipulation et CLAUDE, même en anglais commence à prendre une grosse colère. Tout le monde de chez AVIS se groupe et ça discutaille fort dans tous les sens. Bilan, il nous est facturé une heure supplémentaire pour 48 USD, soit un coût total de
348 USD pour deux jours de location d’une petite voiture.
Je leur ai déchiré ma carte de membre sur le comptoir, mais à leurs mines ahuries, j’ai l’impression qu’ils m’ont pris pour un fou. Donc, nous sommes au moins quatre à ne plus louer de voiture chez AVIS partout sur la planète. Pour contrôle, nous allons au guichet du loueur THYRTHY et ils nous font un devis pour la même chose pour 136 USD, on est fou furieux de s’être fait escroquer de la sorte.
On comprendra, après les explications des locaux et de Sylvain, qu’ici, les américains payent tout avec leurs cartes de crédits qui prennent en charge les assurances pour la location des voitures. Nous, ils nous ont chargés toutes les options payantes car ils ne savaient pas « si nos cartes de payement PREMIER fonctionnaient ». Après contrôle auprès de nos banques respectives, elles fonctionnent de la même manière que les cartes américaines.
Retour à notre base en taxi que nous dirigeons car il ne connait pas le chantier.
Samedi 18 avril 2009
Nous faisons le plein de carburant sur les deux bateaux, 250 galons pour NA MAKA et 40 pour SCORSEAU. Nous payons 2.25 USD les 3.8 litres soit 0.66 € le litre.
Nous finissons de mettre en ordre le bateau et installons un filet pour empêcher RAFAEL de tomber de sa couchette.
Sylvain et sa tribu arrivent vers 16H. J’interdis à tous ceux qui lisent cette prose de se moquer de moi quand je dis que ce petit est agréable, souriant et pas chouïneur. Voilà c’est dit.
Tout ce petit monde s’installe dans la cabine pour une semaine de vacances. Ils sont heureux d’être au soleil et savourent une chaude température après les – 10° de MONTREAL qu’ils ont quitté le matin.
Dimanche 19 avril 2009
Nous partons du chantier vers 10H 30 pour une première journée de navigation sur l’ICW avec les enfants.
Nous mettons une heure et demie pour rejoindre le canal au cœur de la ville et commencer notre remontée vers le nord.
Ils sont interloqués par ce qu’ils voient au long du parcours, belles propriétés, yachts et voitures. De plus, il fait beau temps.
Après une petite journée de 31 NM, nous jetons l’ancre dans un endroit recommandé par le guide que nous avons, SOUTH PALM BEACH, mais qui me semble exposé au vent dominant. Le vent qui souffle de l’Est n’est heureusement pas fort et de plus il n’y a pas d’autre possibilité. La nuit sera moyenne pour tous.
Lundi 20 avril 2009
Après un copieux déjeuner dans le cockpit, nous partons vers 8H 30 avec la ferme intention de nous trouver une marina sympathique avec une plage proche et un bon restaurant pour le soir.
A midi, nous prenons un quai dans une petite marina à JUPITER ISLAND, endroit très agréable, peu de bateau mais avec piscine, terrasse et barbecue. Le tarif est toujours élevé, 65 USD la nuit mais nous nous sommes fait une raison.
Nous passons une après midi à nous promener, essayant d’atteindre la plage qui est à cent mètres du bateau, mais nous ferons une longue distance avant de trouver le sable, le front de mer étant « privatisé » par les riverains et il n’y a aucun moyen d’accès pour le public. La commune a réalisé un petit parking coincé après un immeuble et donc l’accès à la mer est possible.
Nous partons plus tard vers un centre commercial situé à dix minutes de marche. Nous achetons quelques victuailles qui manquent dans l’inventaire des canadiens et trouvons un restaurant. En fait, il nous est servi une bonne nourriture qui nous change des fast-foods locaux.
Retour à bord et nous passons une agréable nuit.
Mardi 21 avril 2009
Départ à 9H. Notre petite équipe s’habitue au rythme de navigation.
J’avais repéré sur la carte électronique un petit mouillage complètement fermé dans lequel on arrive par un canal qui ne semble pas être très profond. Nous y arrivons vers 15H et grâce la marée qui est assez haute, nous nous faufilons jusqu’au mouillage. En effet, quand nous sommes installés, il nous semble que rien ne peut nous arriver.
Avec Sylvain, nous mettons « petit Namak » à l’eau et partons en reconnaissance afin de trouver un passage pour descendre à terre. Encore une fois, tout le bord de l’eau est privatisé et il nous semble impossible d’accoster sans transgresser l’interdiction de passer par une propriété privée. Après avoir fait le tour de cette anse et à la dernière tentative pour trouver une issue au travers de deux immeubles, un riverain nous hèle. Nous le rejoignons et Sylvain lui explique notre problème.
JO et sa femme nous accueille avec chaleur et nous invite à utiliser leur ponton sans restriction et nous informe sur l’environnement. Nous repartons chercher les filles et le bébé. Au retour, JO voulait que l’on laisse le bébé en garde à sa femme afin que nous soyons tranquilles et cela lui ferait énormément plaisir. Nous ne pouvons accepter pareille proposition bien que sympatique.
Nous partons jusqu’à la plage distante d’un mile et où nous trouverons des restaurants. Nous nous installons pour souper, à partir de 18H, dans le restaurant conseillé par JO. C’est bien mais le service est très long, ce qui n’est pas grave car nous sommes dans une grande terrasse extérieure et dans un décor très américain.
Nous rentrons au bateau et au passage chez JO, nous les remercions chaleureusement et échangeons nos coordonnées.
Mercredi 22 avril 2009
Départ ce matin à 9H 30. Cette journée sera celle où nous parcourons la plus grande distance car nous avons décidé d’aller jusqu’à TITUSVILLE qui est la ville du KENNEDY SPACE CENTER à CAP CANAVERAL. Nous ferons 43 NM.
Nous trouvons vers 15H une marina en retrait de l’ICW où nous nous installons pour la nuit, DRAGON POINT. En y arrivant, nous voyons à une petite centaine de mètres un gros dauphin qui a l’air d’être installé là, autour d’un ponton privé.
Sylvain met l’annexe à l’eau et par à la rame avec Audrey voir le dauphin. Ils en reviennent une heure plus tard émerveillé d’avoir côtoyés d’aussi près ce dauphin.
Nous partons faire un tour pour explorer le quartier, se dégourdir les jambes et souper. Dans le restaurant où nous entrons, nous n’aurons pas le repas commandé, Sylvain ayant demandé des ribs et il nous sera servi des steaks de bœuf cuit dans un bouillon comme un pot au feu. Passé le moment de surprise et demande d’explications à la serveuse, nous dégustons notre plat qui est très bon. Il n’était pas écrit RIBS mais RIPS et donc le résultat n’est pas le même.
Retour au bateau avec la tombée de la nuit. Nous nous faisons lentement au rythme américain, tout le monde soupe vers 18H. Les américains arrêtent leur travail à 16H et la fin de la journée semble consacrée à la détente avec les copains, tout le monde est au restaurant ou au bistrot avec une (l’une après l’autre) bière à la main. Ce sera une constante, chaque fois que nous voyons quelqu'un, très souvent c’est avec une canette de bière à la main. On ne va pas pouvoir faire un concours, on aura perdu par avance.
Jeudi 23 avril 2009
Nouveau départ à 9H 30 après le petit déjeuner matinal et les préparatifs du moussaillon. Il est prêt pour le prochain tour du monde. Il semble apprécier le bateau et surtout le doux ronron des moteurs car il en profite souvent pour dormir.
A 14H nous sommes à la marina de TITUSVILLE. Le dock master nous assigne un emplacement qui ne me parait pas assez large pour le bateau. Il faudra que je positionne le cul du bateau pour qu’il se rende à l’évidence. Nous prenons d’autorité une autre place qui est de la bonne dimension. Cela lui convient et nous restons là jusqu’à dimanche matin.
Nous partons en reconnaissance du « centre ville » et afin de trouver « un restaurant » afin de nous sustenter. Nous trouvons quelques stores (magasins) à proximité et un « fast food » de marque « PAPA’S JO ». Nous avons faillis mourir d’empoisonnement, de l’avis même des canadiens qui ont une certaine habitude de la mal bouffe. Enfin, on nous rappelle tous les jours que nous sommes aux USA.
Vendredi 24 avril 2009
Nous demandons à la capitainerie des informations sur le KENNEDY SPACE CENTER et sur les moyens de déplacement pour y aller. Il nous conseille de louer une voiture car le prix du taxi est très cher. Comme Sylvain a besoin d’une voiture dimanche matin pour retourner à FORT LAUDERDALE prendre l’avion du retour, nous décidons de louer une voiture pour deux jours à partir de ce vendredi midi et nous partons immédiatement voir les fusées.
Le KSC est un parc de loisirs à la gloire de l’Amérique, la conquête spatiale en étant le fil conducteur. Tout y est très bien organisé, depuis l’accueil et pendant tout le parcours. Nous optons pour la visite des installations extérieures en bus pour un tour de deux heures environ. Malheureusement pour nous encore, les commentaires sont en anglais, donc on ne comprend pas tout.
Le territoire de la NASA est gigantesque, ils ont clôturé et militarisé une superficie de 34 000 hectares. Il a été créé au début des années de 1950 et la NASA en octobre 1961. En 1975, le Congrès américain décide que la moitié du centre, les zones non utilisées, fera partie de la réserve naturelle Canaveral National Seashore où vivent plus de cinq cent espèces d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et de batraciens, sans oublier les alligators, présents partout.
Les installations s’étendent à perte de vue. Les installations sont démesurées, le bâtiment d’assemblage des fusées et navettes fait plus de cinquante mètres de haut sur trois hectares de surface au sol. Les deux pas de tirs sont constitués de plateaux de lancement octogonaux surélevés qui ont nécessité l’emploi de 52 000 m3 de bétons et sont équipés de deux tours chacun. La première est fixe et abrite l’ascenseur et les bras de maintient de la fusée, ceux qui se retirent quelques secondes avant le lancement et la seconde est pivotante et abrite la navette des intempéries avant le lancement et les équipements techniques permettant à la navette de vivre les dernières heures à terre. Les deux "crawler transporter", sont déjà classés monuments historiques. Ces engins montés sur chenilles transportent les navettes avec les propulseurs annexes du hangar d’assemblage jusque sur le pas de tir. Chacun d’eux pèse 2 700 tonnes et avance à la vitesse de un mile par heure.
A l’intérieur du centre d’attraction, il est possible de visiter des maquettes grandeur nature de la navette, de la station spatiale internationale du centre de contrôle du lancement des fusées. La fusée SATURNE V est installée couchée dans un hangar spécifique et on se ballade autour et dessous de l’engin. On se rend compte du gigantisme de cette machine qui a propulsée les astronautes vers la lune. On comprend mieux la complexité de ces missions à cette époque, pas si éloignée que ça, avec les moyens existants et on apprécie la performance et les sacrifices des hommes lancés dans cette exploration.
L’exploitation de ce centre de découverte est réalisée grâce à une forte majorité de personnes âgées, ce qui nous a étonnés car chez nous il y a un moment qu’ils sont à la retraite. L’image de l’entreprise s’en trouve altérée car cela ne représente pas une Amérique jeune et conquérante.
En fin de journée, nous passons voir nos amis qui viennent d’arriver à la marina de CAP CANAVERAL. Après de chaleureuses retrouvailles et les présentations des jeunes de la famille faites, nous prenons rendez-vous dans deux jours à SAINT AUGUSTINE.
Retour au bateau et repas à bord, tout le monde ressent une saine fatigue après cette journée bien remplie.
Samedi 25 avril 2009
Petite matinée en roue libre, rangements, discussions et préparation du traditionnel barbecue, soit BBQ en langage local. Nous avions achetés de beaux steaks et du charbon de houille. Nous avions à notre disposition, dans le jardin de la marina l’équipement nécessaire à la cuisson. Donc grosse bouffe au bateau où la bière a coulée à flot.
Avant de déjeuner, nous partons acheter une puce pour avoir une ligne de téléphone américaine. Je profite de la présence de Sylvain et de la pratique courante de l’anglais car on pense que cela limitera les risques de ne pas avoir contracté la bonne solution pour communiquer avec tous. Bonne pioche car Claude fera la même démarche mais aura une solution plus chère chez le même distributeur.
La soirée est consacrée à la confection des bagages et à la préparation de la route pour nous.
Dimanche 26 avril 2009
Réveil très matinal pour tout le monde, montre, téléphone et réveil réglés sur 5H du matin afin que les vacanciers prennent la route jusqu’à FORT LAUDERDALE distant de 200 miles et de sauter dans l’avion du retour. Toute l’opération sera couronnée d’un total succès.
Nous partons à 7H pour une grosse journée de 90 NM jusqu’à SAINT AUGUSTINE.
samedi 11 avril 2009
CUBA suite et fin
Vendredi 3 avril 2009
Nous prenons notre place au quai et rangeons le bateau en attendant nos amis. Ils arrivent vers 11H après une belle navigation à la voile, avec le bon vent et avec la mer plate, abrités par la côte.
Samedi 4 avril 2009
La havane
Dimanche 5 avril 2009
Pinar del rio
Lundi 6 avril 2009
vignales
Mardi 7 avril 2009
La havane
fuster
Mercredi 8 avril 2009
Ici
fuster
Jeudi 9 avril 2009
ici
prepa bateau
Vendredi 10 avril 2009
ici
fuster
formalites
Samedi 11 avril 2009
Nous prenons notre place au quai et rangeons le bateau en attendant nos amis. Ils arrivent vers 11H après une belle navigation à la voile, avec le bon vent et avec la mer plate, abrités par la côte.
Samedi 4 avril 2009
La havane
Dimanche 5 avril 2009
Pinar del rio
Lundi 6 avril 2009
vignales
Mardi 7 avril 2009
La havane
fuster
Mercredi 8 avril 2009
Ici
fuster
Jeudi 9 avril 2009
ici
prepa bateau
Vendredi 10 avril 2009
ici
fuster
formalites
Samedi 11 avril 2009
mercredi 1 avril 2009
CUBA suite
Mardi 17 mars 2009
Marina JAGUA, à CIENFUEGOS ne ressemble en rien à nos marinas européennes. Elle est composée de trois quais en béton, vieux, avec des bornes de connexions électriques et d’eau « non potable » du même âge. Pour le branchement électrique, il n’est pas nécessaire d’avoir les prises ad hoc, on bricole des branchements direct en plantant les fils électriques dans le bornier et quelques fois ça fonctionne, heureusement que nous sommes branchés directement sur le soleil. Grace à nos panneaux solaires, depuis notre départ de MARTINIQUE, nous ne nous sommes jamais raccordés à un quai, nous sommes totalement autonomes en énergie. Pour l’eau du bord, nous avons six cent quarante litres de stock et nous faisons un peu plus de quatre semaines à deux sans trop se restreindre. Il nous est possible de faire facilement le plein lorsque nous chargeons du carburant. Dans le cas ou l’eau n’est pas « totalement potable », nous avons monté un purificateur pour filtrer l’eau de consommation courante.
Le mardi après midi, nous empruntons le mode de transport en commun local, c’est une carriole tirée par un âne ou un petit cheval et qui nous conduit pour un pesos convertible (0.82 €) par personne jusqu’au centre ville distant de deux kilomètres environ. Les locaux payent eux un pesos cubain soit 0.03 € !!!!!!!
Nous faisons un tour du centre ville, passons à la banque d’état pour changer des euros en pesos convertibles et repérer un endroit où il est possible d’avoir une connexion internet. Nous retournons à la marina par le même moyen de transport.
En fin de soirée, nous allons en promenade vers un grand hôtel de tourisme situé à trois cent mètres de la marina car on nous a informés que l’on pouvait se servir du réseau internet. L’hôtel est bien équipé mais on nous dit que l’on ne peut pas utiliser le service car ils n’ont plus, depuis deux semaines, de carte de connexion à vendre et donc tout naturellement le service est suspendu pour tout le monde, ils ne savent pas quand ils vont en recevoir des nouvelles !!!!!!!
En ressortant de l’hôtel, je parle avec un taxiteur de « CUBATAXI », la seule compagnie existante, de l’état cubain, pour connaitre le prix d’une course pour aller toute la journée visiter la ville de TRINIDAD, distante de quatre vingt kilomètres et inscrite à l’inventaire du patrimoine de l’humanité (pas le fameux journal, ici on pourrait le croire). Le prix proposé pour toute la journée est de quatre vingt pesos convertibles, il nous donne son numéro de téléphone personnel si l’on est intéressé pour le jeudi.
On prend aussi les tarifs pour la location d’une voiture et il s’avère que cela est beaucoup plus cher, avec les inconvénients connus.
Nous optons pour le taxi et pour le jeudi.
Mercredi 18 mars 2009
Le matin de bonne heure, nous allons en ville afin de faire le marché libre et acheter tous les fruits et légumes qui commençaient à nous manquer. Nous faisons un avitaillement complet pour environ dix euros, y compris l’achat d’une douzaine d’œufs frais, cela nous change des prix européens ou des autres iles.
Ces marchés, appelés « agromercado » sont tenus par les agriculteurs et ils vendent directement leurs productions. Etant donné que c’est un marché pour les cubains, nous pouvons payer en pesos cubains.
Il faut que j’explique qu’il existe deux monnaies en cours à CUBA, le peso cubain pour les cubains et le peso convertible pour les touristes. Le sport favori, mais très difficile pour le peuple, est de se procurer des pesos convertibles qui représentent un pouvoir d’achat trente fois supérieur qu’avec leur monnaie et qui leur permettent d’accéder à des produits qui ne sont vendus qu’en pesos convertibles et en principe réservés aux touristes. Le tourisme est l’une de leur principale solution afin de faire entrer des devises sur le territoire et l’industrie en est très bien organisée. Il reste patent que les cubains sont très indolents, que leurs performances individuelles n’existent pas, car, que le travail soit exécuté en deux heures, deux jours ou deux semaines, c’est la même chose pour eux, ils recevront quand même leur maigre salaire. Il semblerait que le salaire de base ici soit de cent cinquante pesos cubains par mois et beaucoup de monde touche « cette aide ». L’éducation, enfin l’instruction et les soins médicaux sont complètements gratuits.
Nous parvenons à avoir un ordinateur pour la connexion internet dans la boutique officielle de l’état qui gère et vend tout le matériel de communication, c'est-à-dire les téléphones fixes et portables. Il semble que les coûts sont dérisoires, ainsi beaucoup de personnes ont un téléphone portable. Nous constatons qu’il n’y a que six ordinateurs pour cette ville et le coût en est de cinq euros l’heure, ce qui est une somme importante pour les cubains et de fait, nous ne rencontrons que des touristes qui utilisent internet.
Nous retournons jusqu’à nos bateaux au petit trot d’une calèche cubaine.
Jeudi 19 mars 2009
Le taxi passe nous prendre à 8H du matin et nous embarquons dans une vieille CITROEN XANTIA, dont le chauffeur ne connait pas le nombre de kilomètres parcourus mais nous dit que c’est tout de même son second moteur.
Nous empruntons une route, comparable à nos routes départementales mais qui semble avoir était le camp d’entrainement des chars de l’armée cubaine. Le taxiteur nous explique tout ce que nous voyons pendant le parcours, il ne roule pas vite et pour cause et nous arrivons à 10H à TRINIDAD.
C’est une petite ville historique qui a été fondée au XVI siècle et qui est en rénovation continuelle. Il n’y a que la place centrale autour de laquelle les maisons sont rénovées et au début de quelques rues adjacentes. Cela ressemble plus à un décor de théâtre car on constate qu’il n’y a pas de vie et les quelques maisons à visiter sont fermées après les heures « ouvrables ». Il semble, tout de même, que ces habitations, parfaitement rénovées et appelées palais, abritent des associations et des musés. Quelques maisons sont habitées et leurs occupants nous invitent à boire du café chez eux lors de notre passage devant leur porte et fenêtres. Nous refusons poliment chaque invitation, ne sentant pas dans leur proposition un appel amical. Les intérieurs sont meublés avec parcimonie de meubles transmis entre générations depuis plusieurs siècles et ressemblent à des musés. Les mobiliers, décorations intérieures et extérieures sont d’une simplicité qui reflète le dénuement des populations. Les rues sont pavées avec des pierres qui ont été usées par le temps.
Ailleurs, comme partout dans les villes ou bourgs que nous visitons, même si la pauvreté semble constante, nous trouvons des habitations propres, qui semblent bien tenues, les rues sont parfaitement entretenues, pas une ordure ne traine sur les trottoirs, ni un quelconque encombrant. Les gens sont bien habillés, suivant les moyens de chacun mais nous ne voyons jamais de gens en guenilles.
A midi, nous reprenons la route en direction de CIENFUEGOS car nous avons demandé au chauffeur de nous amener dans un restaurant sympathique et peu touristique, où l’on peut manger en terrasse, car il fait très chaud.
Après quelques kilomètres, on s’arrêté en bord de mer dans une auberge où on nous sert du poulet pané (grossière la panure !) mais les mets sont simples et bons.
Nous rentrons tranquillement dans l’après midi, le taxiteur nous accompagnant en ville faire du change et quelques courses puis nous raccompagne à la marina.
Nous rencontrons un couple de français qui a le même programme que nous et qui monte donc sur le CANADA, mais les dates du trajet ne correspondent pas. Nous soupons ensemble au restaurant de la marina, aussi mal que le premier jour, mais nous n’avons pas d’autre solution, ils nous servent une paella qui ressemble à un bouillon et je pense avec émotion aux paellas de maman.
Vendredi 20 mars 2009
La dernière journée à CIENFUEGOS est consacré à la reprise du voyage pour la seconde étape jusqu’à LA HAVANE.
Je dois faire le plein de fuel, ayant prévenu la capitainerie depuis le soir de notre arrivée. Je dois charger mille litres pour le trajet jusqu’à la capitale cubaine et ils m’annoncent qu’ils ne peuvent m’en servir que cinq cent litres. Ils n’ont pas été livrés depuis longtemps, pourtant la raffinerie est à deux kilomètres et ne savent pas quand ils en auront. Je réussi à en négocier six cent litres et je loue une carriole pour aller jusqu’à une station à l’autre bout de la ville. Il y en a une de tout prêt mais ils ne servent que de l’essence ! Nous ferons deux voyages avec des jerricanes pour deux cent litres à chaque fois. A la fin de la journée, je suis épuisé. Nous faisons également les formalités de sortie. Les autorités seront présentent à 6H du matin pour nous donner les documents nécessaires pour continuer notre voyage, en constatant notre départ dans le même équipage que lors de notre arrivée, sans passager clandestin à l’expatriation.
Le soir, nous programmons les nouvelles étapes avec nos amis au restaurant, un autre qui est en bord de baie à trois cent mètres de la marina.
A l’entrée, nous lisons une plaque commémorative qui informe le visiteur que
« EL COMMANDANTE » est venu manger dans cet endroit en 1959 une paella et le restaurant en a gardé une célébrité locale importante que nous ne connaissions pas.
Ce restaurant a une allure générale qui ressemble aux nôtres, grand et bien aménagé, belle terrasse et belle salle, serveurs en habit, mais toute la carte tient sur une page. En entrée, la paella du chef, puis cinq plats principaux, pas de dessert. En apéritif, on nous fait cinq propositions et à la fin il ne nous reste que deux choix. Nous buvons de la bière locale, très bonne, mais il n’y a pas de café. Il est patent que la notion de rentabilité est inconnue ici, que les offres ne correspondent pas aux moyens mis en place, nous sommes effectivement dans un autre monde.
Nous rentrons à pied pour une petite promenade digestive et je parie que la digestion était terminée avant notre coucher.
Samedi 21 mars 2009
Les autorités sont bien là à 6H et après de chaleureux aux revoir, nous larguons les amarres avec plaisir, pas de quitter ces personnages adorables mais parce que le voyage reprend.
Nous partons en direction de CAYO DE SAL à 47 NM. Nous y arrivons à 14H. L’endroit est plaisant quoique nous assurant une mauvaise protection si le vent du nord se lève dans la nuit.
En attendant nos amis, je prends mon équipement de plongée et je pars du bateau pour chasser. Il y a quelques patates de corail autour du bateau ainsi qu’une falaise à une centaine de mètres. Très rapidement je flèche une grosse langouste que je ramène au bateau, puis dans le quart d’heure suivant je tire un mérou de 56 cm qui nous fera un bon repas à tous les quatre. Je replonge en me concentrant sur les langoustes et j’en attrape une seconde. Je repars et je tombe sur un nid, elles sont cinq ou six sous un gros rocher mais elles sont bien cachées et je n’arrive pas à en saisir une.
Nos amis arrivent au mouillage lorsque je rentre à la nage au bateau distant de deux cent mètres environ. Agnès était inquiète car elle m’avait perdu de vue. J’ai chassé pendant deux heures environ.
Nous soupons séparément et partons nous coucher avec l’espoir d’un bon repas le lendemain.
Vers 21H, CLAUDE m’appelle à la radio VHF et devant le constat que le vent du nord se lève et souffle déjà à 15 KN, nous prenons la décision de lever l’ancre et de partir vers CAYO LARGO, une station touristique et un abri sûr distant de 23 NM. Je prends la tête du convoi et avec l’aide des cartes électroniques nous naviguons pendant quatre heures sur cinq mètres d’eau environ en slalomant entre les récifs et nous arrivons à destinations à 2H du matin. Nous prenons un mouillage de sécurité près de bouées de marquage d’un chenal et nous allons dormir.
Dimanche 22 mars 2009
Le matin, nous nous réveillons et avant de déjeuner, nous repartons mouiller dans le lagon, qui est à cinq cent mètres environ, sur une eau parfaitement lisse. Nous avions mouillés la nuit précédente en plein milieu du chenal d’accès à
CAYO LARGO, mais comme il ne viendrait à l’idée de personne de naviguer la nuit, nous n’étions pas en danger.
La matinée est consacrée à une grasse matinée après le petit déjeuner.
Nous nous retrouvons à 13H tous les quatre à bord de NA MAKA afin de déguster les deux langoustes avec un petit vin rosé de la Clape du château ROUQUETTE, bien frais, un vrai bonheur. L’après midi est vite passé car le repas a duré très longtemps, le plaisir se savoure lentement avec les amis.
Nous installons quand même une nasse avec les reliefs du repas près des récifs de notre lagon pour voir ce que nous pouvons prendre.
Vers 17H, une embarcation vient nous voir au mouillage car nous avons oublié de faire les formalités d’entrée. Très honnêtement, nous ne savions pas que
CAYO LARGO était un port d’entrée. Je négocie la possibilité de rester au mouillage ce soir et d’aller jusqu’à la marina, très proche, avec les bateaux le lendemain matin, rendez-vous est pris pour 10H.
Lundi 23 mars 2009
A 9H 30, nous levons l’ancre et partons jusqu’à la marina comme convenu. Les formalités sont expédiées rapidement sans aucune réflexion des représentants de l’ordre. Etant donné que le régime des vents d’Est est plutôt musclé en ce moment et que le tarif du stationnement de nos bateaux au quai est dérisoire, nous décidons de rester là jusqu’au lendemain matin.
On en profite pour faire une ballade à terre, mais le lieu est très petit et en dix minutes on est revenu au bateau. C’est un endroit strictement organisé pour la réception des touristes. Plusieurs hôtels de chaine, cubaine ou espagnole, sont construits en bordure de la mer des caraïbes ou des lagons, devant de belles plages de sable blanc. Il y a deux restaurants, une succursale de banque cubaine et tout ce qui est nécessaire pour distraire un touriste, boutique d’objets souvenirs, cigares, tee shirt, centre de plongée sous marine, location de dériveurs, planches à voiles, catamarans de sport et jets ski. Ils n’ont pas oubliés la piste d’atterrissage des gros avions type Airbus 350 pour la livraison des touristes qui viennent du monde entier, sauf des USA, bien entendu. Quand ils parlent de ce problème, ils en sont désolés, par rapport au peuple américain mais aussi pour l’argent qu’ils génèreraient par leur venue.
En partant de notre zone de mouillage, le matin, nous avons vu un petit canot à moteur aller voir notre nasse. Nous voyons aux jumelles qu’ils la ramassent avant de repartir. Dans la journée, nous parlons longuement avec un charmant garçon, dixit Agnès, qui est en fait le responsable des activités aquatiques de la marina, et je lui demande si la zone est une réserve, il me répond par l’affirmative, donc nous avons perdu une nasse. Nous donnons à ce personnage, très sympathique qui a un discours réaliste sur sa condition, deux livres en français. Il parle couramment plusieurs langues dont le français, l’anglais et l’allemand.
Nous allons souper dans un des deux restaurants et c’est la première fois que les plats qui nous sont servis sont appétissants, le coût des quatre repas est de 27 €.
Mardi 24 mars 2009
Après une bonne nuit calme, nous partons à 8H 30 pour rejoindre un mouillage très abrité à une petite distance de 23 NM. Nous y arrivons à midi et nos amis une heure après. Le lieu est bien abrité et très sauvage. C’est le seul endroit, depuis plusieurs semaines où nous serons sept bateaux au mouillage le soir. Nous retrouvons un skipper cubain que nous avions rencontré à CIENFUEGOS.
Vers 16H, après nous êtres équipés, nous partons en annexe avec CLAUDE pour chasser en plongée sous marine. Nous cherchons une zone avec des patates de corail que nous trouvons après un « dragage » d’un quart d’heure environ. CLAUDE ne tracte à la surface de l’eau équipé, derrière l’annexe, afin de plonger dès que l’endroit est approprié. Nous trouvons un champ de patates de corail mais à une profondeur de six à sept mètres cette fois.
J’attends que CLAUDE s’équipe et lui laisse l’honneur de tirer la première langouste, ce qu’il fait avec maestria. Puis la collecte commence et au bout d’une demi-heure nous avons ramené quatre langoustes. Nous décidons d’arrêter, cela semble suffisant pour nous quatre. Les filles qui nous attendent aux bateaux n’en croient pas leurs yeux et les appareils photos crépitent.
Deux langoustes seront dévorées lors du diner du soir, et nous gardons les deux autres pour le lendemain.
Le bulletin météo reçu cette fin d’après midi nous indiquant beaucoup de vent d’Est Sud Est pour le lendemain, mercredi, nous décidons de rester sagement à l’abri.
Jeudi 26 mars 2009
Les informations météo de la veille étant stables, nous partons ce matin à 8H pour un endroit très abrité au Sud Est de l’ile de LA JUVENTUD, que nous avons décidé de contourné par le sud, la route du nord étant très compliquée avec plusieurs canaux entre les cayos qui n’offrent pas une profondeur suffisante pour laisser passer le bateau des CLAUDE’S qui cale 2.50 m de tirant d’eau.
La journée va s’avérer sportive avec un vent d’Est Sud Est de 20 à 30 KN, ce qui n’était quand même pas prévu. Je prends la barre de NA MAKA pendant plus de trois heures, car nous avons les vagues qui arrivent par l’arrière, d’une belle hauteur, ce que le pilote électrique n’aime pas.
Nous arrivons avec soulagement à notre destination à 12H 30 et rejoignons un mouillage calme une heure plus tard. Nous sommes rejoint deux heures après par SCORSEAU et juste après, par un autre catamaran que nous connaissons bien, un SWITCH 51 nommé LAMA LO, que nous avions aperçu à CAYO LARGO. C’est le même modèle que NA MAKA 1 et ils nous diront qu’ils l’ont croisé à TRINIDAD, où ils avaient hiverné dans le même chantier.
Le vent virera de plus en plus au Sud dans le courant de l’après midi, mais cessera complètement pour la nuit. Le mouillage nous assure de toute manière une très bonne protection.
du vendredi 27 au dimanche 29 mars 2009
Durant ces trois jours, nous resterons abrités derrière les cayos de mangroves nommés HICACOS, car le vent, variant de l’Est au Sud Est, avec une puissance qui ne faiblit que partiellement la nuit, souffle entre 20 et 30 KN.
Le vendredi est consacré à un petit contrôle général du bateau et à son nettoyage.
Le samedi matin, je range tous mes papiers et revues, je parts à la recherche de l’argent caché un peu partout dans le bateau, afin d’en connaitre la quantité restante.
Agnès fait l’inventaire des réserves alimentaires du bord car celles-ci commencent à s’épuiser et nous pensons être là pour quelques jours encore.
Les informations météorologiques reçues par CLAUDE ne sont pas optimistes car nous avons un front froid qui se ballade sur le golfe du Mexique, qui nous envoi des vents puissants et qui ne sont pas dans la bonne direction pour nous accompagner sur notre route en remontant vers LA HAVANE.
L’après midi, après un violent orage qui aura parfaitement nettoyé les bateaux, nous partons avec « petit namak » voir si l’on trouve un lieu de pêche sous marine afin d’améliorer l’ordinaire. Nous rentrons après une petite demi-heure, n’ayant trouvé que des fonds herbeux sans le moindre corail. De plus, l’accès jusqu’à la barrière de corail entre les iles nous est interdit par des remontées de fonds à vingt centimètres.
Nous décidons de faire un point météo avec les dernières informations du jour afin d’établir une stratégie de départ. Nous faisons également un tournoi de ramis et nous soupons d’un bon plat de pates aux olives que nous prépare Mme CLAUDE à son bord.
Nous décidons, devant l’affaiblissement du vent qui est prévu pour le lendemain en cours d’après midi de la reprise de la navigation.
Les CLAUDE’S, ayant besoin d’un minimum de vent afin d’avancer avec leur voilier, décident de partir de bonne heure demain matin dimanche, et nous décidons, pour notre part, de partir lundi dans le cours de la matinée. Le vent devrait être très faible et la mer aura eu vingt quatre heures pour se poser.
Dimanche matin, nous ouvrons les yeux vers huit heures, non sans m’être levé deux fois dans la nuit car le vent n’a pas vraiment faibli comme prévu et nous constatons que nos amis ont fait comme nous et qu’ils ne sont pas partis.
Le dimanche étant la journée du seigneur, d’après mes souvenirs, nous ne faisons rien. Si ce n’est !!!!
Après déjeuner, ayant mis à l’eau dans la matinée le sac dans lequel on stocke les langoustes fléchées afin qu’il se nettoie, je vois un gros poisson tourner autour du bateau attiré par l’odeur. Je tente de tirer ce poisson depuis le bord, les provisions s’amenuisant de jour en jour. Je le rate et ma flèche reste fichée dans le sol au fond de l’eau. Je suis obligé de plonger afin de la récupérer. Ce faisant, ce poisson vient imprudemment tourner un peu trop prés de moi, je le flèche alors mais celui-ci ne se rendra pas facilement. Mais j’ai le dessus assez rapidement, je suis quand même le plus gros des deux et je remonte à bord un beau barracuda de 86 cm.
Agnès est un peu effrayé par l’aspect peu engageant de la bête et sa gueule armée de six belles dents implantées en triangle au début des mâchoires mais je pense que cela fera plusieurs repas fort convenables pour nous quatre.
Depuis midi, le vent est bien affaibli et le départ est confirmé pour les deux bateaux demain matin à l’aube.
Lundi 30 mars 2009
Le départ est donné à 7H 30 pour nous avec un petit vent de Sud Est et une mer plate. Nous doublons nos amis vers 10H et nous nous faisons des photographies mutuellement des bateaux.
A 11H 47, nous passons le point le plus Sud de l’ile de CUBA. Nous commençons donc notre remontée vers le Nord. Au même moment, nous recevons un appel radio de la Guarda Costiera cubaine qui nous demande de nous identifier. Tout se passe dans la plus grande courtoisie possible et ils nous souhaitent un bon voyage. Visiblement ; ils attendaient notre passage. Nous les informons que nos amis nous suivent et donnons leur signalement. Les CLAUDE’S ne seront pas interrogés.
Nous arrivons à 14H dans la petite baie où nous avions prévu de passer la nuit, mais il s’avère que l’endroit est très rouleur et nous partons donc vers un mouillage qui est situé derrière la petite péninsule qui ferme cette baie.
Il nous faudra deux heures pour rejoindre notre havre de paix pour la nuit, nous devons contourner une grande zone de hauts fonds qui s’étend très loin vers l’ouest et revenir chercher un abri derrière la mangrove. Le vent en profite pour tourner lui aussi au Nord Est, rendant notre mouillage précaire.
Les CLAUDE’S, étant moins abrités que nous décident de repartir après avoir soupé et pris un peu de repos car nous avons une grande étape de 120 NM au programme du lendemain. Nous prenons la décision de partir dans le courant de la nuit après avoir dormis.
Mardi 31 mars 2009
Nous levons l’encre à 3H du matin après un petit sommeil et mettons une heure pour sortir et prendre la direction choisie.
Sachant que nos amis ont quelques heures d’avance, nous mettons pour une fois plus de charbon dans la chaudière et réglons notre vitesse de croisière sur 10 KN, bien aidé par le vent de Sud Est toujours présent et la mer qui nous pousse.
A 11H, nous avons, pour la première fois depuis que nous sommes partis, la visite d’un clan de dauphins qui vient virevolter autour du bateau et nous gratifier de sauts impressionnants avec beaucoup de vitesse. Ils nous abandonnent un quart d’heure plus tard environ et nous reprenons notre sieste.
En début d’après midi, le vent se renforce et je dois reprendre la barre pendant une paire d’heures. Nous avons un cap à passer, le cap San Antonio, qui est le point le plus ouest de l’ile et la mer est systématiquement plus dure au passage de tous les caps du monde. Au passage de ce cap, nous recevons un appel radio de SCORSEAU qui nous informe qu’il nous suit de très prés et effectivement, nous voyons le voilier de nos compagnons à deux kilomètres derrière nous. Nous pensions qu’ils étaient déjà arrivés. Nous contournons le cap et allons nous mettre à l’abri derrière, en face d’une petite pêcherie sur pilotis en bois posée sur l’eau, au fin fond des cayos en slalomant pour trouver assez d’eau pour nos amis. Ils nous rejoignent une grosse heure après et nous organisons un point météo dès que CLAUDE aura dépouillé les bulletins reçus pendant la navigation. Il était prévu de rester se reposer deux jours avant de faire la dernière longue étape.
Avec Agnès, nous avions décidés de partir dès le lendemain matin à la première heure, car nous voulions profiter des vents portants pour rallier la marina HEMINGWAY de LA HAVANA. Suivant les informations météos que nous avions depuis plusieurs jours, je me doutais que ce régime de vent de Sud Est, même un peu fort ne perdurerait pas et que nous risquions de prendre un front froid qui nous donnerez beaucoup de vent de Nord nous empêchant ainsi de remonter sur la capitale de CUBA, le point d’orgue de notre voyage.
Nos voisins de palier nous informe qu’ils ont décidé de partir demain dans la matinée afin d’arriver vers midi. Donc nous sommes contents d’avoir pris la même décision dans chaque couple avant de la confronter au choix de l’autre.
Mercredi 1er avril 2009
Nous partons à 7H 30 après un gros déjeuner car la route va être longue.
140 NM nous attendent et nous ne savons pas si nous n’allons pas être obligés de nous arrêter en route dans un port afin de charger du carburant. Je fais et refais mes calculs et ceux-ci me disent que nous devrions aller jusqu’au bout, mais quand on voit les jauges aux fonds des graduations, nous sommes un peu inquiets.
La navigation n’est pas compliquée car nous suivons du départ à l’arrivée la côte Nord Ouest de CUBA en rasant les récifs au plus juste avec la marge de sécurité nécessaire et nous avons trois points où nous pourrions faire du fuel.
De fait la journée se déroule tranquillement, les jauges ne descendant que très doucement et nous n’auront pas besoin de nous arrêter.
A 21H, nous commençons à réduire notre vitesse de croisière à 5 KN car nous voulons arriver à la marina au début du jour et non en pleine nuit, l’entrée n’a pas une bonne réputation. Néanmoins, nous constatons que notre vitesse ne fait qu’augmenter au fur et à mesure que je baisse le régime des moteurs. Nous filons toujours à 7 KN.
A 3H du matin, je mets les moteurs au ralenti, ce qui d’habitude nous donne une vitesse inférieure à 3 KN et nous avançons toujours à 5 KN.
Nous comprenons que nous sommes déjà portés par le courant du GULF STREAM que nous ne pensions pas ressentir si bas sur la côte.
Vers 5H du matin, étant de quart de repos et dormant du sommeil du juste, je suis brutalement sorti de mes rêves par Agnès, s’inquiétant d’un brusque et bruyant levé du jour. En fait, c’est la vedette de la Guarda Costiera qui ne tombe dessus tous feux éteints mais sirène hurlante et gros projecteurs braqués sur nous. Après identification, ils nous attendaient aussi, ils nous souhaitent bonne fin de voyage.
Nous arrivons une heure plus tard à l’entrée de la marina et sommes bien content d’y voir un peu clair, car les signaux lumineux sont pratiquement tous éteints et le passage entre les récifs qui ferment l’entrée est étroit.
Un bon accueil nous est réservé, ils nous attendaient aussi ( !), les formalités sont réalisées en une grosse heure, plus tatillonnes que par ailleurs mais toujours avec bienveillance.
Nous prenons notre place au quai et rangeons le bateau en attendant nos amis. Ils arrivent vers 11H après une belle navigation à la voile, avec le bon vent et avec la mer plate, abrités par la côte.
Marina JAGUA, à CIENFUEGOS ne ressemble en rien à nos marinas européennes. Elle est composée de trois quais en béton, vieux, avec des bornes de connexions électriques et d’eau « non potable » du même âge. Pour le branchement électrique, il n’est pas nécessaire d’avoir les prises ad hoc, on bricole des branchements direct en plantant les fils électriques dans le bornier et quelques fois ça fonctionne, heureusement que nous sommes branchés directement sur le soleil. Grace à nos panneaux solaires, depuis notre départ de MARTINIQUE, nous ne nous sommes jamais raccordés à un quai, nous sommes totalement autonomes en énergie. Pour l’eau du bord, nous avons six cent quarante litres de stock et nous faisons un peu plus de quatre semaines à deux sans trop se restreindre. Il nous est possible de faire facilement le plein lorsque nous chargeons du carburant. Dans le cas ou l’eau n’est pas « totalement potable », nous avons monté un purificateur pour filtrer l’eau de consommation courante.
Le mardi après midi, nous empruntons le mode de transport en commun local, c’est une carriole tirée par un âne ou un petit cheval et qui nous conduit pour un pesos convertible (0.82 €) par personne jusqu’au centre ville distant de deux kilomètres environ. Les locaux payent eux un pesos cubain soit 0.03 € !!!!!!!
Nous faisons un tour du centre ville, passons à la banque d’état pour changer des euros en pesos convertibles et repérer un endroit où il est possible d’avoir une connexion internet. Nous retournons à la marina par le même moyen de transport.
En fin de soirée, nous allons en promenade vers un grand hôtel de tourisme situé à trois cent mètres de la marina car on nous a informés que l’on pouvait se servir du réseau internet. L’hôtel est bien équipé mais on nous dit que l’on ne peut pas utiliser le service car ils n’ont plus, depuis deux semaines, de carte de connexion à vendre et donc tout naturellement le service est suspendu pour tout le monde, ils ne savent pas quand ils vont en recevoir des nouvelles !!!!!!!
En ressortant de l’hôtel, je parle avec un taxiteur de « CUBATAXI », la seule compagnie existante, de l’état cubain, pour connaitre le prix d’une course pour aller toute la journée visiter la ville de TRINIDAD, distante de quatre vingt kilomètres et inscrite à l’inventaire du patrimoine de l’humanité (pas le fameux journal, ici on pourrait le croire). Le prix proposé pour toute la journée est de quatre vingt pesos convertibles, il nous donne son numéro de téléphone personnel si l’on est intéressé pour le jeudi.
On prend aussi les tarifs pour la location d’une voiture et il s’avère que cela est beaucoup plus cher, avec les inconvénients connus.
Nous optons pour le taxi et pour le jeudi.
Mercredi 18 mars 2009
Le matin de bonne heure, nous allons en ville afin de faire le marché libre et acheter tous les fruits et légumes qui commençaient à nous manquer. Nous faisons un avitaillement complet pour environ dix euros, y compris l’achat d’une douzaine d’œufs frais, cela nous change des prix européens ou des autres iles.
Ces marchés, appelés « agromercado » sont tenus par les agriculteurs et ils vendent directement leurs productions. Etant donné que c’est un marché pour les cubains, nous pouvons payer en pesos cubains.
Il faut que j’explique qu’il existe deux monnaies en cours à CUBA, le peso cubain pour les cubains et le peso convertible pour les touristes. Le sport favori, mais très difficile pour le peuple, est de se procurer des pesos convertibles qui représentent un pouvoir d’achat trente fois supérieur qu’avec leur monnaie et qui leur permettent d’accéder à des produits qui ne sont vendus qu’en pesos convertibles et en principe réservés aux touristes. Le tourisme est l’une de leur principale solution afin de faire entrer des devises sur le territoire et l’industrie en est très bien organisée. Il reste patent que les cubains sont très indolents, que leurs performances individuelles n’existent pas, car, que le travail soit exécuté en deux heures, deux jours ou deux semaines, c’est la même chose pour eux, ils recevront quand même leur maigre salaire. Il semblerait que le salaire de base ici soit de cent cinquante pesos cubains par mois et beaucoup de monde touche « cette aide ». L’éducation, enfin l’instruction et les soins médicaux sont complètements gratuits.
Nous parvenons à avoir un ordinateur pour la connexion internet dans la boutique officielle de l’état qui gère et vend tout le matériel de communication, c'est-à-dire les téléphones fixes et portables. Il semble que les coûts sont dérisoires, ainsi beaucoup de personnes ont un téléphone portable. Nous constatons qu’il n’y a que six ordinateurs pour cette ville et le coût en est de cinq euros l’heure, ce qui est une somme importante pour les cubains et de fait, nous ne rencontrons que des touristes qui utilisent internet.
Nous retournons jusqu’à nos bateaux au petit trot d’une calèche cubaine.
Jeudi 19 mars 2009
Le taxi passe nous prendre à 8H du matin et nous embarquons dans une vieille CITROEN XANTIA, dont le chauffeur ne connait pas le nombre de kilomètres parcourus mais nous dit que c’est tout de même son second moteur.
Nous empruntons une route, comparable à nos routes départementales mais qui semble avoir était le camp d’entrainement des chars de l’armée cubaine. Le taxiteur nous explique tout ce que nous voyons pendant le parcours, il ne roule pas vite et pour cause et nous arrivons à 10H à TRINIDAD.
C’est une petite ville historique qui a été fondée au XVI siècle et qui est en rénovation continuelle. Il n’y a que la place centrale autour de laquelle les maisons sont rénovées et au début de quelques rues adjacentes. Cela ressemble plus à un décor de théâtre car on constate qu’il n’y a pas de vie et les quelques maisons à visiter sont fermées après les heures « ouvrables ». Il semble, tout de même, que ces habitations, parfaitement rénovées et appelées palais, abritent des associations et des musés. Quelques maisons sont habitées et leurs occupants nous invitent à boire du café chez eux lors de notre passage devant leur porte et fenêtres. Nous refusons poliment chaque invitation, ne sentant pas dans leur proposition un appel amical. Les intérieurs sont meublés avec parcimonie de meubles transmis entre générations depuis plusieurs siècles et ressemblent à des musés. Les mobiliers, décorations intérieures et extérieures sont d’une simplicité qui reflète le dénuement des populations. Les rues sont pavées avec des pierres qui ont été usées par le temps.
Ailleurs, comme partout dans les villes ou bourgs que nous visitons, même si la pauvreté semble constante, nous trouvons des habitations propres, qui semblent bien tenues, les rues sont parfaitement entretenues, pas une ordure ne traine sur les trottoirs, ni un quelconque encombrant. Les gens sont bien habillés, suivant les moyens de chacun mais nous ne voyons jamais de gens en guenilles.
A midi, nous reprenons la route en direction de CIENFUEGOS car nous avons demandé au chauffeur de nous amener dans un restaurant sympathique et peu touristique, où l’on peut manger en terrasse, car il fait très chaud.
Après quelques kilomètres, on s’arrêté en bord de mer dans une auberge où on nous sert du poulet pané (grossière la panure !) mais les mets sont simples et bons.
Nous rentrons tranquillement dans l’après midi, le taxiteur nous accompagnant en ville faire du change et quelques courses puis nous raccompagne à la marina.
Nous rencontrons un couple de français qui a le même programme que nous et qui monte donc sur le CANADA, mais les dates du trajet ne correspondent pas. Nous soupons ensemble au restaurant de la marina, aussi mal que le premier jour, mais nous n’avons pas d’autre solution, ils nous servent une paella qui ressemble à un bouillon et je pense avec émotion aux paellas de maman.
Vendredi 20 mars 2009
La dernière journée à CIENFUEGOS est consacré à la reprise du voyage pour la seconde étape jusqu’à LA HAVANE.
Je dois faire le plein de fuel, ayant prévenu la capitainerie depuis le soir de notre arrivée. Je dois charger mille litres pour le trajet jusqu’à la capitale cubaine et ils m’annoncent qu’ils ne peuvent m’en servir que cinq cent litres. Ils n’ont pas été livrés depuis longtemps, pourtant la raffinerie est à deux kilomètres et ne savent pas quand ils en auront. Je réussi à en négocier six cent litres et je loue une carriole pour aller jusqu’à une station à l’autre bout de la ville. Il y en a une de tout prêt mais ils ne servent que de l’essence ! Nous ferons deux voyages avec des jerricanes pour deux cent litres à chaque fois. A la fin de la journée, je suis épuisé. Nous faisons également les formalités de sortie. Les autorités seront présentent à 6H du matin pour nous donner les documents nécessaires pour continuer notre voyage, en constatant notre départ dans le même équipage que lors de notre arrivée, sans passager clandestin à l’expatriation.
Le soir, nous programmons les nouvelles étapes avec nos amis au restaurant, un autre qui est en bord de baie à trois cent mètres de la marina.
A l’entrée, nous lisons une plaque commémorative qui informe le visiteur que
« EL COMMANDANTE » est venu manger dans cet endroit en 1959 une paella et le restaurant en a gardé une célébrité locale importante que nous ne connaissions pas.
Ce restaurant a une allure générale qui ressemble aux nôtres, grand et bien aménagé, belle terrasse et belle salle, serveurs en habit, mais toute la carte tient sur une page. En entrée, la paella du chef, puis cinq plats principaux, pas de dessert. En apéritif, on nous fait cinq propositions et à la fin il ne nous reste que deux choix. Nous buvons de la bière locale, très bonne, mais il n’y a pas de café. Il est patent que la notion de rentabilité est inconnue ici, que les offres ne correspondent pas aux moyens mis en place, nous sommes effectivement dans un autre monde.
Nous rentrons à pied pour une petite promenade digestive et je parie que la digestion était terminée avant notre coucher.
Samedi 21 mars 2009
Les autorités sont bien là à 6H et après de chaleureux aux revoir, nous larguons les amarres avec plaisir, pas de quitter ces personnages adorables mais parce que le voyage reprend.
Nous partons en direction de CAYO DE SAL à 47 NM. Nous y arrivons à 14H. L’endroit est plaisant quoique nous assurant une mauvaise protection si le vent du nord se lève dans la nuit.
En attendant nos amis, je prends mon équipement de plongée et je pars du bateau pour chasser. Il y a quelques patates de corail autour du bateau ainsi qu’une falaise à une centaine de mètres. Très rapidement je flèche une grosse langouste que je ramène au bateau, puis dans le quart d’heure suivant je tire un mérou de 56 cm qui nous fera un bon repas à tous les quatre. Je replonge en me concentrant sur les langoustes et j’en attrape une seconde. Je repars et je tombe sur un nid, elles sont cinq ou six sous un gros rocher mais elles sont bien cachées et je n’arrive pas à en saisir une.
Nos amis arrivent au mouillage lorsque je rentre à la nage au bateau distant de deux cent mètres environ. Agnès était inquiète car elle m’avait perdu de vue. J’ai chassé pendant deux heures environ.
Nous soupons séparément et partons nous coucher avec l’espoir d’un bon repas le lendemain.
Vers 21H, CLAUDE m’appelle à la radio VHF et devant le constat que le vent du nord se lève et souffle déjà à 15 KN, nous prenons la décision de lever l’ancre et de partir vers CAYO LARGO, une station touristique et un abri sûr distant de 23 NM. Je prends la tête du convoi et avec l’aide des cartes électroniques nous naviguons pendant quatre heures sur cinq mètres d’eau environ en slalomant entre les récifs et nous arrivons à destinations à 2H du matin. Nous prenons un mouillage de sécurité près de bouées de marquage d’un chenal et nous allons dormir.
Dimanche 22 mars 2009
Le matin, nous nous réveillons et avant de déjeuner, nous repartons mouiller dans le lagon, qui est à cinq cent mètres environ, sur une eau parfaitement lisse. Nous avions mouillés la nuit précédente en plein milieu du chenal d’accès à
CAYO LARGO, mais comme il ne viendrait à l’idée de personne de naviguer la nuit, nous n’étions pas en danger.
La matinée est consacrée à une grasse matinée après le petit déjeuner.
Nous nous retrouvons à 13H tous les quatre à bord de NA MAKA afin de déguster les deux langoustes avec un petit vin rosé de la Clape du château ROUQUETTE, bien frais, un vrai bonheur. L’après midi est vite passé car le repas a duré très longtemps, le plaisir se savoure lentement avec les amis.
Nous installons quand même une nasse avec les reliefs du repas près des récifs de notre lagon pour voir ce que nous pouvons prendre.
Vers 17H, une embarcation vient nous voir au mouillage car nous avons oublié de faire les formalités d’entrée. Très honnêtement, nous ne savions pas que
CAYO LARGO était un port d’entrée. Je négocie la possibilité de rester au mouillage ce soir et d’aller jusqu’à la marina, très proche, avec les bateaux le lendemain matin, rendez-vous est pris pour 10H.
Lundi 23 mars 2009
A 9H 30, nous levons l’ancre et partons jusqu’à la marina comme convenu. Les formalités sont expédiées rapidement sans aucune réflexion des représentants de l’ordre. Etant donné que le régime des vents d’Est est plutôt musclé en ce moment et que le tarif du stationnement de nos bateaux au quai est dérisoire, nous décidons de rester là jusqu’au lendemain matin.
On en profite pour faire une ballade à terre, mais le lieu est très petit et en dix minutes on est revenu au bateau. C’est un endroit strictement organisé pour la réception des touristes. Plusieurs hôtels de chaine, cubaine ou espagnole, sont construits en bordure de la mer des caraïbes ou des lagons, devant de belles plages de sable blanc. Il y a deux restaurants, une succursale de banque cubaine et tout ce qui est nécessaire pour distraire un touriste, boutique d’objets souvenirs, cigares, tee shirt, centre de plongée sous marine, location de dériveurs, planches à voiles, catamarans de sport et jets ski. Ils n’ont pas oubliés la piste d’atterrissage des gros avions type Airbus 350 pour la livraison des touristes qui viennent du monde entier, sauf des USA, bien entendu. Quand ils parlent de ce problème, ils en sont désolés, par rapport au peuple américain mais aussi pour l’argent qu’ils génèreraient par leur venue.
En partant de notre zone de mouillage, le matin, nous avons vu un petit canot à moteur aller voir notre nasse. Nous voyons aux jumelles qu’ils la ramassent avant de repartir. Dans la journée, nous parlons longuement avec un charmant garçon, dixit Agnès, qui est en fait le responsable des activités aquatiques de la marina, et je lui demande si la zone est une réserve, il me répond par l’affirmative, donc nous avons perdu une nasse. Nous donnons à ce personnage, très sympathique qui a un discours réaliste sur sa condition, deux livres en français. Il parle couramment plusieurs langues dont le français, l’anglais et l’allemand.
Nous allons souper dans un des deux restaurants et c’est la première fois que les plats qui nous sont servis sont appétissants, le coût des quatre repas est de 27 €.
Mardi 24 mars 2009
Après une bonne nuit calme, nous partons à 8H 30 pour rejoindre un mouillage très abrité à une petite distance de 23 NM. Nous y arrivons à midi et nos amis une heure après. Le lieu est bien abrité et très sauvage. C’est le seul endroit, depuis plusieurs semaines où nous serons sept bateaux au mouillage le soir. Nous retrouvons un skipper cubain que nous avions rencontré à CIENFUEGOS.
Vers 16H, après nous êtres équipés, nous partons en annexe avec CLAUDE pour chasser en plongée sous marine. Nous cherchons une zone avec des patates de corail que nous trouvons après un « dragage » d’un quart d’heure environ. CLAUDE ne tracte à la surface de l’eau équipé, derrière l’annexe, afin de plonger dès que l’endroit est approprié. Nous trouvons un champ de patates de corail mais à une profondeur de six à sept mètres cette fois.
J’attends que CLAUDE s’équipe et lui laisse l’honneur de tirer la première langouste, ce qu’il fait avec maestria. Puis la collecte commence et au bout d’une demi-heure nous avons ramené quatre langoustes. Nous décidons d’arrêter, cela semble suffisant pour nous quatre. Les filles qui nous attendent aux bateaux n’en croient pas leurs yeux et les appareils photos crépitent.
Deux langoustes seront dévorées lors du diner du soir, et nous gardons les deux autres pour le lendemain.
Le bulletin météo reçu cette fin d’après midi nous indiquant beaucoup de vent d’Est Sud Est pour le lendemain, mercredi, nous décidons de rester sagement à l’abri.
Jeudi 26 mars 2009
Les informations météo de la veille étant stables, nous partons ce matin à 8H pour un endroit très abrité au Sud Est de l’ile de LA JUVENTUD, que nous avons décidé de contourné par le sud, la route du nord étant très compliquée avec plusieurs canaux entre les cayos qui n’offrent pas une profondeur suffisante pour laisser passer le bateau des CLAUDE’S qui cale 2.50 m de tirant d’eau.
La journée va s’avérer sportive avec un vent d’Est Sud Est de 20 à 30 KN, ce qui n’était quand même pas prévu. Je prends la barre de NA MAKA pendant plus de trois heures, car nous avons les vagues qui arrivent par l’arrière, d’une belle hauteur, ce que le pilote électrique n’aime pas.
Nous arrivons avec soulagement à notre destination à 12H 30 et rejoignons un mouillage calme une heure plus tard. Nous sommes rejoint deux heures après par SCORSEAU et juste après, par un autre catamaran que nous connaissons bien, un SWITCH 51 nommé LAMA LO, que nous avions aperçu à CAYO LARGO. C’est le même modèle que NA MAKA 1 et ils nous diront qu’ils l’ont croisé à TRINIDAD, où ils avaient hiverné dans le même chantier.
Le vent virera de plus en plus au Sud dans le courant de l’après midi, mais cessera complètement pour la nuit. Le mouillage nous assure de toute manière une très bonne protection.
du vendredi 27 au dimanche 29 mars 2009
Durant ces trois jours, nous resterons abrités derrière les cayos de mangroves nommés HICACOS, car le vent, variant de l’Est au Sud Est, avec une puissance qui ne faiblit que partiellement la nuit, souffle entre 20 et 30 KN.
Le vendredi est consacré à un petit contrôle général du bateau et à son nettoyage.
Le samedi matin, je range tous mes papiers et revues, je parts à la recherche de l’argent caché un peu partout dans le bateau, afin d’en connaitre la quantité restante.
Agnès fait l’inventaire des réserves alimentaires du bord car celles-ci commencent à s’épuiser et nous pensons être là pour quelques jours encore.
Les informations météorologiques reçues par CLAUDE ne sont pas optimistes car nous avons un front froid qui se ballade sur le golfe du Mexique, qui nous envoi des vents puissants et qui ne sont pas dans la bonne direction pour nous accompagner sur notre route en remontant vers LA HAVANE.
L’après midi, après un violent orage qui aura parfaitement nettoyé les bateaux, nous partons avec « petit namak » voir si l’on trouve un lieu de pêche sous marine afin d’améliorer l’ordinaire. Nous rentrons après une petite demi-heure, n’ayant trouvé que des fonds herbeux sans le moindre corail. De plus, l’accès jusqu’à la barrière de corail entre les iles nous est interdit par des remontées de fonds à vingt centimètres.
Nous décidons de faire un point météo avec les dernières informations du jour afin d’établir une stratégie de départ. Nous faisons également un tournoi de ramis et nous soupons d’un bon plat de pates aux olives que nous prépare Mme CLAUDE à son bord.
Nous décidons, devant l’affaiblissement du vent qui est prévu pour le lendemain en cours d’après midi de la reprise de la navigation.
Les CLAUDE’S, ayant besoin d’un minimum de vent afin d’avancer avec leur voilier, décident de partir de bonne heure demain matin dimanche, et nous décidons, pour notre part, de partir lundi dans le cours de la matinée. Le vent devrait être très faible et la mer aura eu vingt quatre heures pour se poser.
Dimanche matin, nous ouvrons les yeux vers huit heures, non sans m’être levé deux fois dans la nuit car le vent n’a pas vraiment faibli comme prévu et nous constatons que nos amis ont fait comme nous et qu’ils ne sont pas partis.
Le dimanche étant la journée du seigneur, d’après mes souvenirs, nous ne faisons rien. Si ce n’est !!!!
Après déjeuner, ayant mis à l’eau dans la matinée le sac dans lequel on stocke les langoustes fléchées afin qu’il se nettoie, je vois un gros poisson tourner autour du bateau attiré par l’odeur. Je tente de tirer ce poisson depuis le bord, les provisions s’amenuisant de jour en jour. Je le rate et ma flèche reste fichée dans le sol au fond de l’eau. Je suis obligé de plonger afin de la récupérer. Ce faisant, ce poisson vient imprudemment tourner un peu trop prés de moi, je le flèche alors mais celui-ci ne se rendra pas facilement. Mais j’ai le dessus assez rapidement, je suis quand même le plus gros des deux et je remonte à bord un beau barracuda de 86 cm.
Agnès est un peu effrayé par l’aspect peu engageant de la bête et sa gueule armée de six belles dents implantées en triangle au début des mâchoires mais je pense que cela fera plusieurs repas fort convenables pour nous quatre.
Depuis midi, le vent est bien affaibli et le départ est confirmé pour les deux bateaux demain matin à l’aube.
Lundi 30 mars 2009
Le départ est donné à 7H 30 pour nous avec un petit vent de Sud Est et une mer plate. Nous doublons nos amis vers 10H et nous nous faisons des photographies mutuellement des bateaux.
A 11H 47, nous passons le point le plus Sud de l’ile de CUBA. Nous commençons donc notre remontée vers le Nord. Au même moment, nous recevons un appel radio de la Guarda Costiera cubaine qui nous demande de nous identifier. Tout se passe dans la plus grande courtoisie possible et ils nous souhaitent un bon voyage. Visiblement ; ils attendaient notre passage. Nous les informons que nos amis nous suivent et donnons leur signalement. Les CLAUDE’S ne seront pas interrogés.
Nous arrivons à 14H dans la petite baie où nous avions prévu de passer la nuit, mais il s’avère que l’endroit est très rouleur et nous partons donc vers un mouillage qui est situé derrière la petite péninsule qui ferme cette baie.
Il nous faudra deux heures pour rejoindre notre havre de paix pour la nuit, nous devons contourner une grande zone de hauts fonds qui s’étend très loin vers l’ouest et revenir chercher un abri derrière la mangrove. Le vent en profite pour tourner lui aussi au Nord Est, rendant notre mouillage précaire.
Les CLAUDE’S, étant moins abrités que nous décident de repartir après avoir soupé et pris un peu de repos car nous avons une grande étape de 120 NM au programme du lendemain. Nous prenons la décision de partir dans le courant de la nuit après avoir dormis.
Mardi 31 mars 2009
Nous levons l’encre à 3H du matin après un petit sommeil et mettons une heure pour sortir et prendre la direction choisie.
Sachant que nos amis ont quelques heures d’avance, nous mettons pour une fois plus de charbon dans la chaudière et réglons notre vitesse de croisière sur 10 KN, bien aidé par le vent de Sud Est toujours présent et la mer qui nous pousse.
A 11H, nous avons, pour la première fois depuis que nous sommes partis, la visite d’un clan de dauphins qui vient virevolter autour du bateau et nous gratifier de sauts impressionnants avec beaucoup de vitesse. Ils nous abandonnent un quart d’heure plus tard environ et nous reprenons notre sieste.
En début d’après midi, le vent se renforce et je dois reprendre la barre pendant une paire d’heures. Nous avons un cap à passer, le cap San Antonio, qui est le point le plus ouest de l’ile et la mer est systématiquement plus dure au passage de tous les caps du monde. Au passage de ce cap, nous recevons un appel radio de SCORSEAU qui nous informe qu’il nous suit de très prés et effectivement, nous voyons le voilier de nos compagnons à deux kilomètres derrière nous. Nous pensions qu’ils étaient déjà arrivés. Nous contournons le cap et allons nous mettre à l’abri derrière, en face d’une petite pêcherie sur pilotis en bois posée sur l’eau, au fin fond des cayos en slalomant pour trouver assez d’eau pour nos amis. Ils nous rejoignent une grosse heure après et nous organisons un point météo dès que CLAUDE aura dépouillé les bulletins reçus pendant la navigation. Il était prévu de rester se reposer deux jours avant de faire la dernière longue étape.
Avec Agnès, nous avions décidés de partir dès le lendemain matin à la première heure, car nous voulions profiter des vents portants pour rallier la marina HEMINGWAY de LA HAVANA. Suivant les informations météos que nous avions depuis plusieurs jours, je me doutais que ce régime de vent de Sud Est, même un peu fort ne perdurerait pas et que nous risquions de prendre un front froid qui nous donnerez beaucoup de vent de Nord nous empêchant ainsi de remonter sur la capitale de CUBA, le point d’orgue de notre voyage.
Nos voisins de palier nous informe qu’ils ont décidé de partir demain dans la matinée afin d’arriver vers midi. Donc nous sommes contents d’avoir pris la même décision dans chaque couple avant de la confronter au choix de l’autre.
Mercredi 1er avril 2009
Nous partons à 7H 30 après un gros déjeuner car la route va être longue.
140 NM nous attendent et nous ne savons pas si nous n’allons pas être obligés de nous arrêter en route dans un port afin de charger du carburant. Je fais et refais mes calculs et ceux-ci me disent que nous devrions aller jusqu’au bout, mais quand on voit les jauges aux fonds des graduations, nous sommes un peu inquiets.
La navigation n’est pas compliquée car nous suivons du départ à l’arrivée la côte Nord Ouest de CUBA en rasant les récifs au plus juste avec la marge de sécurité nécessaire et nous avons trois points où nous pourrions faire du fuel.
De fait la journée se déroule tranquillement, les jauges ne descendant que très doucement et nous n’auront pas besoin de nous arrêter.
A 21H, nous commençons à réduire notre vitesse de croisière à 5 KN car nous voulons arriver à la marina au début du jour et non en pleine nuit, l’entrée n’a pas une bonne réputation. Néanmoins, nous constatons que notre vitesse ne fait qu’augmenter au fur et à mesure que je baisse le régime des moteurs. Nous filons toujours à 7 KN.
A 3H du matin, je mets les moteurs au ralenti, ce qui d’habitude nous donne une vitesse inférieure à 3 KN et nous avançons toujours à 5 KN.
Nous comprenons que nous sommes déjà portés par le courant du GULF STREAM que nous ne pensions pas ressentir si bas sur la côte.
Vers 5H du matin, étant de quart de repos et dormant du sommeil du juste, je suis brutalement sorti de mes rêves par Agnès, s’inquiétant d’un brusque et bruyant levé du jour. En fait, c’est la vedette de la Guarda Costiera qui ne tombe dessus tous feux éteints mais sirène hurlante et gros projecteurs braqués sur nous. Après identification, ils nous attendaient aussi, ils nous souhaitent bonne fin de voyage.
Nous arrivons une heure plus tard à l’entrée de la marina et sommes bien content d’y voir un peu clair, car les signaux lumineux sont pratiquement tous éteints et le passage entre les récifs qui ferment l’entrée est étroit.
Un bon accueil nous est réservé, ils nous attendaient aussi ( !), les formalités sont réalisées en une grosse heure, plus tatillonnes que par ailleurs mais toujours avec bienveillance.
Nous prenons notre place au quai et rangeons le bateau en attendant nos amis. Ils arrivent vers 11H après une belle navigation à la voile, avec le bon vent et avec la mer plate, abrités par la côte.
lundi 16 mars 2009
CUBA
samedi 28 février 2009
Les formalités administratives d’arrivée internationale à CUBA, ont durées trois bonnes heures, car nous avons été questionné, avec amabilité par tous les services locaux, à savoir en premier l’office sanitaire représenté par une charmante cubaine, médecin qui a voulu savoir si nous étions en bonne santé, papier signé pour un coût 38 USD. Puis le vétérinaire a contrôlé que nous n’avions pas d’animaux à bord ni de viande dans le réfrigérateur, puis une autre plantureuse cubaine brune est venue contrôler l’approvisionnement en végétaux et denrées type riz et pates.
Jusque là, tous nous signent des documents que nous garderons à bord.
Puis arrivent les choses sérieuses, avec l’immigration, dont le représentant n’est même pas monté à bord, nous a pris nos passeports et nous les a rendus très rapidement avec un visa de séjour pour un mois. Ensuite, c’est au tour des services des douanes qui exercent un contrôle plus poussé, remplissent des documents en consignant notre provenance, nos prochaines destinations, ce que nous transportons, drogues, produits dangereux, armes, téléphones satellite et portables, VHF, quantité de carburants, moteurs du bateau et de l’annexe, etc.
La visite du bateau est effectuée très poliment, en demandant l’ouverture de certains placards, je fournis les explications sur leurs contenus, mais sans recherche des recoins ni fouille vraiment approfondie. On a l’impression qu’ils opèrent une visite un peu poussée du bateau plus qu’une investigation militaire.
Il ne reste plus que « la comandancia » qui est la police politique locale, avec les mêmes questions d’ordre général. Nous obtenons un permis de navigation de six mois avec l’assurance que le pays nous est ouvert et que nous pouvons aller et venir sur leur territoire comme nous le désirons.
Nous sommes très étonné de cet accueil et de la simplicité des formalités, précises mais sans inquisition, alors que nous avions plusieurs renseignements d’autres navigateurs passés ces derniers six mois relatant des situations beaucoup plus tendues et un contrôle « à la culotte ».
Tous ces représentants sont très bien habillés de costumes officiels, chaussés de grosses chaussures bien entretenues, ils se sont déchaussés simplement avant de monter à bord, écrivent et s’expriment très bien, ce qui nous change des officiels de la République Dominicaine. Tous sont d’une politesse et d’une amabilité exemplaire. Le fait de m’exprimer correctement dans leur langue nous facilite les échanges et ils croient tous au début que je suis de nationalité espagnole.
La fin de la journée se passe tranquillement dans nos bateaux car nous avons une grosse fatigue à évacuer après deux jours de mer.
Nous prenons, avec Agnès, un taxi pour aller changer des euros en pésos jusqu’à la ville de SANTIAGO, distante de dix kilomètres, les banques étant bien sûr fermées en cette fin d’après midi de samedi et nous passons donc à l’aéroport qui est entre la ville et la marina où nous trouvons un guichet ouvert.
Il va falloir intégrer quelques paramètres qui n’ont pas courts à CUBA. Il est malvenu de marchander, le taux de change est établi par le ministère des finances et est le même pour toutes les officines, le tarif du taxi est établi par un compteur comme partout ailleurs, il semble que la notion de précipitation dans la vie courante soit abolie. Il y a également deux monnaies qui ont cours, le pésos convertible qui vaut 0.90 €, pour les touristes, et le pésos cubain qui vaut trente fois moins que le pésos convertible, pour les cubains et principalement pour tous les petits achats domestiques, un peu compliqué au début ces deux monnaies.
dimanche 1er mars 2009
Le dimanche en début d’après midi, le taxiteur de la veille vient nous chercher pour nous accompagner en ville et rendez-vous est pris pour 19H afin d’aller souper avec langoustes et crevettes locales dans un restaurant « particular ».
Le centre ville de SANTIAGO est assez concentré, les immeubles de style espagnols du début du siècle dans des états disparates, plusieurs petites places sont très arborées et aménagées afin que les cubains puissent se réunir, les rues sont d’une propreté irréprochable, « malgré la frugalité » ambiante.
Nous prenons un très bon café cubain dans ce qui semble être L’HOTEL RESTAURANT du centre ville, style très vielle Espagne. Puis nous allons par les rues en flânant et en choisissant les trottoirs à l’hombre.
Des airs de musiques cubaines nous attirent vers un croisement entre deux rues où est aménagé un petit square et nous trouvons un orchestre de plusieurs musiciens cubains, jeunes et vieux qui s’adonnent à leur art avec une joie très communicative.
On s’installe à une table, on commande nos seconds cafés et tous le monde nous accueille avec des gestes et des sourires de bienvenu. Un quart d’heure après, je danse avec la serveuse du bar une danse qui la fait onduler comme une anguille mais qui fait aussi rire mes amis quant à la raideur de mon postérieur. Nous enchainons en chantant, pendant plus d’une heure, des airs cubains qui ont fait le tour de la terre ces dernières années. Ces orchestres informels se forment les soirs pour jouer jusqu’après la nuit dans la rue et les bars.
Puis vers 6H, nous allons dans un lieu célèbre que l’on nous avait conseillé,
« la taberna de la troba », un bar avec cour intérieure où des troupes de musiciens locaux viennent se produire les fins d’après midi. Nous sommes également très chaleureusement accueillis, placés à la meilleure table et chouchouté.
Nous consommons bières et jus de fruits locaux, mangeons quelques petites spécialités type tapas et assistons à un concert de trois musiciens, guitare sèche, une contre basse et un djumbé qui accompagnent deux chanteuses, une brune plantureuse avec une belle et chaude voix cubaine et une grande mince fière et sa voix grave et posée.
Nous restons là enchantés par nos hôtes et réglons une addition dérisoire.
Nous rejoignons notre nouveau taxi, car celui qui nous avez pris en charge a eu un empêchement de dernière minute. Ce dernier ayant mal compris les explications de son confrère et nous raccompagne à la marina en oubliant le restaurant. Il se confond en excuse et nous propose de nous y ramener gracieusement mais nous refusons poliment et préférons rentrer nous reposer chez nous.
lundi 2 mars 2009
Le lundi matin, nous demandons un taxi afin d’aller en ville faire des achats en produits frais. Nous pensions aller dans un marché centre ville mais le taxiteur nous accompagne dans un marché dans les faubourgs.
Nous arrivons dans un quartier plus populeux, avec des piétons partout, d’aspect général beaucoup plus pauvre mais d’une propreté toujours parfaite.
Le marché est petit et ce sont les paysans qui viennent vendre leurs productions de fruits et de légumes. Il y a un étal de boucher qui expose des morceaux de viande de vache, semble-t-il et de porc, mais tout cela ne nous incite pas à en acheter, ceux-ci sont à même un étal en vielle planches et sans aucune source de froid pour la conservation. Aussitôt abattu, que c’est vendu et consommé dans la journée, étonnant pour nous, européens.
L’approvisionnement en fruits et légumes se déroule dans une ambiance sereine, tout le monde nous regardant avec étonnement mais en nous aidant pour choisir les meilleures pièces, à un prix dérisoire pour nous et que nous réglons en pésos cubains. Nous remarquons que tous les prix sont affichés sur des morceaux de cartons plantés à même les produits et nous payons donc le même prix que les autochtones, ce qui n’est pas le cas ailleurs où nous avons eu à nous énerver quand on avait un prix « spécial touriste ». Que des bons points ici.
Le taxiteur nous aide un peu et nous surveille surtout, dans le sens où après il m’explique qu’il y a des chapardeurs et qu’il faut faire attention à ne pas se faire voler à l’arraché appareils photos ou sacs, mais nous ne nous sommes jamais senti en insécurité. De plus en sortant du marché, nous changeons des euros en pésos convertibles dans une guérite officielle avec gardien. Le taux de change est vraiment déterminé nationalement.
Nous passons dans une boulangerie située à côté du marché où les gens sont étonnés de voir des étrangers mais nous sommes servis avec de grands sourires d’amitié.
De retour à la marina, après avoir déposé les provisions aux bateaux, nous décidons de nous offrir un petit repas au restaurant de la marina, repas de crevettes très convenable et toujours pour un prix faible pour nous.
L’après midi se passe à la préparation du départ pour le lendemain matin et rendez-vous est pris avec le commandant à 7H afin qu’il nous remette « le despacho de salida » qui nous autorise à continuer le voyage partout où l’on veut à CUBA.
Mardi 3 mars 2009
Nous sommes prêts pour 7H du matin mais nous attendrons le bon vouloir du commandant jusqu’à 9H 30.
Nous prenons la mer à 10H pour une étape côtière de 29 NM.
Le trajet se déroule sur une mer calme et nous sommes à destination à 15H
Nous jetons l’ancre devant une route côtière entre des récifs de corail et prions que le vent ne vienne pas de la mer car le mouillage est largement exposé au vent de sud, mais il est vrai que nous sommes dans un régime de vents de Nord à Est très stable depuis quelques semaines.
Bonne nuit de repos et mise en route le lendemain matin à 7H.
Mercredi 4 mars 2009
La distance à courir est plus importante que la veille, 40 NM pour aller vers une petite ville côtière qui s’appelle MAREA DEL PORTILLO.
Même mer que le jour précédent, et je sors pour la seconde fois la belle canne à pèche afin de gagner le repas du soir, on espère toujours en de jours meilleurs.
Vers 13H, par dépit surement, un poisson se prend d’amour pour ce beau rapala et nous remontons une bonite de 48 cm, ce soir ce sera la fête avec nos amis, d’autant que CLAUDE aura aussi une belle touche mais qui est partie avec son leurre.
La suite du trajet se déroule dans la bonne humeur, la mer ayant été une nouvelle fois généreuse avec nous.
Nous arrivons à 14H dans un endroit magnifique, avec une belle anse, entourée de mangrove, entièrement cachée depuis la mer et parfaitement protégée quelque soit la direction du vent, l’eau est un miroir et d’un vert émeraude exceptionnel.
Nos amis arrivent vers 18H mais nous remettons le repas de poisson à demain, car ils sont fatigués de leur journée. Il est vrai que le trajet en voilier représente plus de travail qu’avec « une lanchita à moteur ». Nous sommes en toutes conditions à l’abri à l’intérieur du bateau et eux sont tout le temps, bon ou mauvais, exposés aux conditions atmosphériques à l’extérieur.
Nous avons la visite du représentant « de la Guarda Frontera » afin de contrôler nos documents officiels. L’équipage que nous voyons arriver est surprenant. C’est une petite barque en bois, basse sur l’eau, avec une rameuse et un officiel qui se tient assis dignement à l’arrière. Nous comprenons que c’est la femme du militaire qui rame et qui est également pêcheur.
La conversation s’engage avec respect mutuel et ils repartent après avoir contrôlé les CLAUDE’S en emportant nos permis de naviguer qu’ils nous rendrons à notre départ.
jeudi 5 mars 2009
La nuit nous apporte un repos idyllique et notre réveil au petit jour est joyeux.
Après un gros petit déjeuner, nous décidons de descendre à terre visiter les environs car nous apercevons quelques habitations et ce qui ressemble à deux hôtels.
Nous mettons « petit na maka » à l’eau, l’équipons avec le moteur hors bord qui est toujours en rodage, passons prendre nos amis et partons vers les hôtels.
Nous laissons l’annexe attachée à un petit ponton en béton à moitié effondré et partons en ballade jusqu’à l’hôtel voir qu’elles sont les possibilités du lieu.
Accueil simple à la réception, ils ont l’habitude de voir des touristes mais aucun achat possible dans le pays et il faut aller à l’autre hôtel afin de se connecter sur internet.
Nous descendons jusqu’à l’autre hôtel, qui est de la même chaine, « AMIGO CLUB »
et achetons une carte de 30 minutes de trafic sur internet.
Nous pouvons enfin donner de nos nouvelles aux terriens que nous n’espérons pas trop inquiets. Les connections se font à la vitesse locale, soit 14 MB, donc les trente minutes sont rapidement épuisées.
Etant dans l’impossibilité de faire quelque achat en produit frais, nous remontons à bord pour la fin de la journée.
vendredi 6 mars 2009
La nuit a été un peu plus agitée que la précédente car le vent du Nord s’est levé et nous avons eu un petit clapot de 20 cm, ne gênant pas pour la stabilité du bateau mais qui génère un bruit désagréable quand il vient claquer sur l’étrave.
Je redescends à terre pour faire une séance d’internet plus longue, voulant envoyer des messages plus complets aux familles et aux amis proches qui suivent notre périple, ainsi que pour mes petites affaires non résolues de TOULOUSE.
Nous avons la visite régulière d’un petit catamaran de marque HOBBICAT avec un skipper et des équipiers des hôtels qui ont pris pour destination de ballade nos deux bateaux au mouillage au fond de la baie.
La soirée se déroule devant un apéro sur le voilier « SCORSEAU » des CLAUDE’S afin de préparer le départ du matin et caler la destination d’atterrissage.
Les prévisions météorologiques, que reçoit CLAUDE par satellite, sont pour le moins bizarres, les forces du vent ne correspondent jamais à la situation locale. Le temps restant toutefois maniable, faisant une navigation côtière en ayant le vent qui souffle dans la direction que nous prenons, nous décidons de partir et de franchir le « Cabo CRUZ » qui a mauvaise réputation ici. Nous en avons une certaine habitude car nous avons pratiquement toujours connus des dures conditions pour passer les différents caps rencontrés sur notre route depuis le départ de MARTINIQUE.
samedi 7 mars 2009
Le départ est donné à 8H, soit une heure plus tard que nos amis. Les quatre heures nécessaires pour la descente le long de la côte Sud de CUBA et le franchissement du cap se passent plus tôt bien et nous espérons trouver une eau plus calme en remontant sous le vent du cap.
Grosse déception car nous allons vivre 1H 30 très pénible avec un vent de nord de
20 KN de face et une mer très courte, vive avec des vagues de soixante centimètres environ de haut mais très serrées. Nous passons de fond de près de deux mille mètres le long de la côte à des fonds de quinze à vingt mètres en un demi kilomètre en contournant le cabo CRUZ. Nous progressons vers notre prochain mouillage qui nous semble être un havre de repos comme il y a longtemps que nous n’en avions pas eu. Nos amis arrivent trois heures après nous et sont également content d’être au calme sur de l’eau plate.
Dès notre arrivée, nous apercevons une petite barque, toujours à rame qui vient vers nous. C’est le représentant de la Guarda Frontera qui vient voir qui nous sommes et contrôle nos papiers. Il constate que tout est en règle mais nous demande ce que nous faisons là et pourquoi ici. C’est la première fois qu’ils voient des bateaux de touristes dans ces eaux. Après explications sur notre voyage et les avoir informé qu’un second bateau arrivait, ils repartent vers la terre en gréant une petite voile pour s’aider du vent portant au retour et en prenant en remorque une autre petite barque qui était venu les rejoindre pendant le contrôle. Drôle de tableau pour nous et nous prenons chaque jour conscience de la grande différence entre notre condition et la leur. Nous sommes quelques fois gênés.
Nous sommes bien à l’abri pour la nuit et nous nous couchons très tôt car nous avons une longue journée de navigation demain.
Dimanche 8 mars 2009
Départ à 7H du matin après une grosse collation, nous retrouvons la même mer que la veille car les conditions météorologiques n’ont pas changé durant la nuit.
Les deux premières heures se déroulent en navigant à coté de nos amis, mais nous n’en pouvons plus de recevoir cette mer courte par notre travers à une petite vitesse de 7 KN. Nous décidons d’augmenter notre vitesse jusqu’à 9 KN afin de redonner un peu plus de stabilité à NA MAKA. La décision est bonne car nous souffrons moins du violent tangage latéral. Nous nous apercevons que ce bateau n’est pas adapté aux grandes navigations que nous lui infligeons. Nous comprenons pourquoi tous les bateaux à moteurs que nous avions sélectionnés avant l’achat de celui là avaient une vitesse de croisière de 10 KN environ et qu’ils avaient un poids à vide autour des cinquante tonnes. La vitesse de 10 KN est amplement suffisante dans ce type de voyage et le poids permet d’amortir les coups infligés par les vagues. Pour des navigations de quelques heures, ces éléments ne sont pas à prendre en compte mais pour des navigations au long court durant lesquelles nous pouvons passer plusieurs jours en mer, le confort est quelque chose qui redevient primordial.
La navigation d’aujourd’hui se fait dans une zone où nous avons peu d’eau sous la coque, entre quatre et vingt mètres et nous devons avancer avec précision car il y a de nombreuses « cailles » pas toujours indiquées sur les cartes mais que nous décelons assez facilement par le changement de couleur de l’eau ou par la présence de brisants en surface. Toute cette partie du sud de CUBA, d’une longueur de cinq cent kilomètres par deux cent de large est une immense zone avec peu de profondeur et parsemée de milliers de récifs et de mangrove. Nous rencontrons beaucoup de barques et de très vieux bateaux de pèche car il y a beaucoup de poissons et de langoustes.
Nous empruntons quelques chenaux principaux balisés qui sont indiqués sur notre carte, mais grâce au GPS, nous progressons en sécurité car les balisages sont souvent absents. Il reste quelques marques qui ont résistées aux dernières tempêtes mais pour combien de temps ?
Vers 13H nous arrivons à notre destination, « Cayo Media Luna », un grand récif en forme d’arc de cercle qui nous protège de tous les vents dominants et qui est recouvert de mangrove. Une heure après notre arrivée, une lancha de pèche locale vient mouiller à cinquante mètres de nous ce qui nous fait dire que nous leur avons chipé leur place peut être et que c’est le bon endroit où il fallait jeter notre ancre.
Nos amis arrivent quelques temps après la lancha.
Après avoir mis « petit namak » à l’eau, je vais discuter avec les cinq pêcheurs du bord, l’accueil est toujours joyeux et ils nous offrent spontanément deux pargos qu’ils viennent de sortir de l’eau avec leurs filets, les poissons sont toujours vivants.
Je leur rapporte en cadeau cinq teeshirt neufs qu’ils sont content de recevoir.
En fin d’après midi, nous partons plonger avec CLAUDE sur la pointe ouest, sur des récifs pour voir si l’on peut offrir un souper de fête à nos compagnes, d’autant plus que nous apprenons par la radio locale que c’est la journée internationale de la femme. Malheureusement, le coin est très peu poissonneux et nous ne voyons pas une langouste. On plongera demain sur un autre endroit car on voudrait bien manger des langoustes pêchées par les hommes du bord.
Le repas aura lieu tout de même à notre bord, les poissons seront cuits au four et Madame CLAUDE préparera le plat d’accompagnement et une salade de fruit. On passera une très bonne soirée au bout du monde dans une « solitude » agréable.
Lundi 9 mars 2009
Je passe prendre CLAUDE à son bateau vers 10H et nous partons vers un autre coin pêcher. Equipés comme de vrais plongeurs professionnels, nous partons sonder alentour de « petit namak » que nous laissons se dandiner sur son ancre.
Très rapidement, on trouve des patates de corail et c’est un bon signe car c’est aussi l’habitat de nombreux poissons et des langoustes. Sous une patate de corail, caché dans son trou, je débusque la première langouste mais dans la précipitation de la joie, je la ratte et le temps que je réarme mon arbalète, elle s’enfuit et je ne la revois pas. Il faut que je retrouve les réflexes du chasse sous marin, ne jamais se précipiter et surtout ne jamais quitter des yeux sa proie. Quelques minutes plus tard, mon attaque et couronnée de succès et je prend ma première belle langouste, nous sommes content tous les deux mais il en manque trois autres.
Je remonte une nouvelle fois à la surface en tenant dans la main une langouste que j’ai attrapée dans son trou, mais étant de petite taille, d’un commun accord nous la remettons à l’eau. CLAUDE ayant un peu froid, il sort de l’eau et j’emprunte son arbalète qui est plus petite et donc plus appropriée pour tirer les langoustes dans leurs trous quand on ne peut pas les attraper à la main. Banco, une seconde langouste est capturée, de belle taille ainsi qu’un gros crabe à la carapace bleu. L’eau devenant de plus en plus trouble au fur et à mesure que le soleil monte, nous décidons de rentrer et la première cueillette semble suffisante pour nous quatre.
Nos compagnes ne nous croient pas quand on leur dit notre butin mais c’est une joie sincère au vue des prises.
Je repas du soir sera une fête pour nous avec notre première pêche.
mardi 10 mars 2009
La journée sera une nouvelle fois dédiée à l’entretien des bateaux, au préparatifs pour la navigation du lendemain et au farniente aussi.
mercredi 11 mars 2009
nous avions prévu une grande étape mais hier nous avons tous décidé de la couper en deux. On trouve sans peine un cayo qui pourrait nous abriter cette nuit. Décisions a été prise de s’arrêter sur « cayo Chocolate » à 45 NM.
Départ pour tout le monde à 7H du matin pour slalomer entre les récifs en suivant plus ou moins les canaux balisés.
Nous naviguons depuis le cabo CRUZ sur des fonds qui varient de quatre à vingt mètres de profondeurs. Il faut être très vigilant, pour nous c’est assez facile car notre tirant d’eau est de 1.20 m mais celui du bateau des CLAUDE’S est de 2.50 m. Nous passons quelques centaines de mètres devant eux et nous pouvons ainsi leur défricher une route où nous restons sur des fonds de 5 m minimum.
De même, il n’y a pas toujours les balises qui indiquent les mauvais coins et grâce au GPS et a une attention de tous les instants en n’oubliant pas les courants, tout se passe bien pour le moment.
A 12H 30, un sifflement strident se fait entendre et le temps de réagir, nous avons perdu une ligne complète de pêche. Cela devait être un très gros poisson car le moulinet s’est vidé à une vitesse supersonique sans que je ne puisse rien faire. Je remonte une nouvelle ligne sur notre superbe canne à pêche, avec les explications de CLAUDE, j’ai acquis un peu de la technique de base pour pêcher.
A 14H, un nouveau déclanchement du moulinet met à l’épreuve notre coordination avec Agnès, je fonce sur la canne qui est installée à l’arrière du bateau pendant qu’elle stoppe les moteurs afin de faciliter « le combat » pour remonter la prise. Cette fois cela se déroule bien et nous sortons de l’eau un joli tazar de 56 cm.
Il y aura du bon poisson au souper de ce soir. Le tazar est un poisson recherché car il a une chair fine et gouteuse.
Nous arrivons dans un mouillage qui ne nous inspire pas trop mais nous nous installons au mieux de ce qu’offre l’endroit. Malheureusement, le soir le vent se met à souffler à 20 KN depuis l’ouest, secteur incongru car c’est la première fois que nous le recevons de cette direction. Bien sûr, nous ne sommes protégés du vent que par une barrière de récifs de corail que la mer franchit allègrement et nous passons une nuit à bourlinguer dans notre lit, pas bonne nuit.
jeudi 12 mars 2009
Tout le monde est sur le pont à 6H du matin et à 7H nous sommes déjà en route pour une petite journée de 26 NM. Aujourd’hui, les cannes à pêche restent au chaud, nous avons un tazar en stock car nous ne nous en sommes pas occupés au repas d’hier soir, nos amis étant arrivés très tard par manque de vent l’après midi.
Nous arrivons à notre destination à 11H, « cayo Cuervas » que nous savons être un cayo qui va nous offrir la protection maximale quelque soit la direction du vent.
Effectivement, quand nous arrivons, il y a déjà quatre bateaux de pêches qui sont au mouillage dans cette baie. Nous nous installons non loin des chalutiers qui sont à couples ensembles et nous prenons un bon repas à l’heure syndicale suivi d’une bonne sieste afin de combler le déficit de cette nuit. Nos amis arrivent une petite heure après et en font de même.
Dans l’après midi, je mets l’annexe à l’eau afin d’aller discuter avec les pêcheurs du bateau « madre » comme ils l’appellent. C’est le bateau qui ne pêche pas mais qui stocke dans la glace le produit de la pêche des autres chalutiers et qui sert de base également pour les repas de l’ensemble des pêcheurs de la flottille. Ils m’accueillent chaleureusement et veulent tout savoir sur nous avec gourmandise. Après un grand moment de discutions, je repars avec un cadeau local, huit queues de langoustes fraichement pêchées pour le repas du soir. Je reviens les voir et leur apporte de la part des deux bateaux une bouteille de rhum de république dominicaine. Ils m’invitent à revenir demain soir pour la même chose, mais ils me promettent de nous garder les langoustes entières avec la tête et les pattes, suite à mes « réclamations ». Eux aussi, me disent-ils, mangent les langoustes entières.
vendredi 13 mars 2009
La journée du vendredi est consacrée a rien, il y a des jours comme cela ou nous avons envi de ne rien faire et c’est bon !
Dans l’après midi, comme convenu avec nos amis pêcheurs, je vais les voir sur leur bateau, toujours au mouillage pour bavarder. Il est intéressant de parler des choses avec les gens du cru afin d’entrevoir au cour de notre séjour quelle peut être leur vie. Ils nous offrent à nouveau des langoustes entières et un demi seau de 10 litres de « camarones » c'est-à-dire les grosses crevettes qu’ils ont péchés pendant la nuit.
Nous nous couchons tôt car demain matin nous serons sur le pont de bonne heure pour une petite étape mais nous voulons arriver de bonne heure.
samedi 14 mars 2009
Du cayo CUERVAS, nous prenons la direction du nord vers la terre pour une courte étape de 26 NM vers le cayo PUNTA DE LOS MACHOS, mais pendant laquelle nous allons slalomer entre les iles et les récifs en empruntant des canaux balisés, suivant les informations que nous avons.
En fait, il ne persiste que quelques balises et pas toujours en bon état, mais avec les cartes électroniques et en « lisant la mer », nous arrivons a bon port malgré un vent du nord contraire qui nous donne une mer toujours courte et inconfortable.
Le cayo offre une protection valable par tout temps, il est isolé et nous ne voyons personne sur l’horizon autour de nous. Nous sommes entourés de petites iles basses recouvertes de mangrove. Sur l’une d’elle, nous apercevons une vielle masure en bois qui semble inoccupée. Nous mettons « petit namak » à l’eau pour partir en visite. Nos amis arrivent dans ce temps et nous allons à leur rencontre à l’entrée de ce havre pour leur donner les indications utiles sur la profondeur rencontrée jusqu’à notre emplacement. Leur bateau a un tirant d’eau important de 2.50 m et ils ne peuvent pas aller aussi profond que nous dans les abris.
Nous accostons sur un vieux débarcadère tout branlant et nous arrivons dans un lieu qui semble inhabité depuis quelques temps déjà. Très rapidement, nous sommes entourés de plusieurs iguanes qui semblent curieuses. En fait, quelques unes veulent défendre leur territoire et les plus jeunes viennent voir a quoi ressemblent ces mammifères bipèdes. La maison est en fait une vielle base de pécheur qui n’est utilisée que pendant la pleine campagne de pêche.
Nous ne sommes pas de retour au bateau depuis longtemps que nous voyons arriver une barque à moteur qui se dirige vers nous rapidement. Nous avons droit à la visite du représentant des autorités cubaines qui ont été averties de notre présence par les pêcheurs d’hier et à qui nous avions donné notre destination. Le contrôle se déroule dans la meilleure ambiance possible et nos visiteurs nous quittent pour aller voir nos amis.
En écoutant la radio cubaine, nous avions constatés que nous étions en retard d’une heure et après questionnement de nos amis cubains lors du contrôle qui nous confirme qu’ils sont passés à l’horaire d’été, nous décidons de nous mettre à l’heure et donc d’avancer nos instruments d’une heure.
Pour le repas du soir, nous avons des crevettes à manger avec un grand plaisir, plat que nous savourons car leur goût est véritable et très différent de celui de nos crevettes. Nous décidons également de modifier notre parcours et de supprimer notre étape sur CASILDA et d’aller directement à CIENFUEGOS. Pour cela nous changeons la destination du lendemain.
La nuit se passe sans un nuage et nous dormons comme des bébés.
dimanche 15 mars 2009
Nous partons à 8H du matin, soit une heure après les CLAUDE’S. Après un parcours sans problème, nous sommes à l’abri du cayo « ZAZA DE FUERA » à 14H et nous trouvons là un bateau français qui arrive directement de JAMAIQUE. Nous mettons notre annexe à l’eau pour aller visiter la mangrove et dire bonjour au bateau TI THOM.
Nos amis arrivent vers 17H et nous le dirigeons par radio VHF jusqu’à nous car il faut slalomer entre des récifs cachés juste sous la surface de l’eau.
lundi 16 mars 2009
Notre départ est programmé à 8H, une heure après les deux autres bateaux.
Nous sortons de notre abri par une passe qui me semblait utilisable d’après les cartes et documents en notre possession, option que nous sommes seuls à suivre, les deux autres bateaux préférant rester sur leur route d’entrée. Notre option se révèle payante car nous avons les profondeurs suffisantes entre les récifs et nous gagnons une bonne heure de ne pas suivre les routes habituelles.
Nous arrivons devant l’entrée de l’ensenada de CIENFUEGOS à 15H, l’entrée en est très étroite entre deux falaises avec un phare sur le côté droite de la faille.
A notre arrivée devant le phare, nous sommes précédés par un gros vraquier de marine marchande que nous suivons dans le dédale du chenal, mais nous sommes « suivis » par un pétrolier qui vient livré du pétrole brut de la part du Senior CHAVES, à la raffinerie cubaine installée dans la grande baie fermée qui mesure 16 kms de long par 8 kms de large, une vrai petite mer intérieure.
L’accueil à la petite marina est toujours aussi chaleureux et les formalités sont expédiées très rapidement. Nous les informons que nos amis arrivent plus tard et qu’il leur faut une place à quai avec trois mètres d’eau de fond eu égard à leur fort tirant d’eau, « no y problema » me disent-t-ils en m’indiquant un emplacement.
A leur arrivée, je leur indique la place attribuée, mais un quart d’heure après leur installation, leur bateau était posé par terre, le peu d’amplitude de marée avait été suffisant pour les faire talonner. On déplace à nouveau le bateau dans l’instant pour une autre provisoire car actuellement ils sont sur celle du quai de ravitaillement en carburant. Ils poseront leur bateau définitivement le lendemain matin.
Pour finir la journée calmement, nous allons souper au restaurant de la marina. Définitivement, nous sommes, nous français, très exigeant sur la qualité des mets et peu de plats trouvent grâce à notre goût, la cuisine locale étant très peu variée, nous retrouvons les mêmes accommodations que dans les autres iles avec peu de variété.
Les formalités administratives d’arrivée internationale à CUBA, ont durées trois bonnes heures, car nous avons été questionné, avec amabilité par tous les services locaux, à savoir en premier l’office sanitaire représenté par une charmante cubaine, médecin qui a voulu savoir si nous étions en bonne santé, papier signé pour un coût 38 USD. Puis le vétérinaire a contrôlé que nous n’avions pas d’animaux à bord ni de viande dans le réfrigérateur, puis une autre plantureuse cubaine brune est venue contrôler l’approvisionnement en végétaux et denrées type riz et pates.
Jusque là, tous nous signent des documents que nous garderons à bord.
Puis arrivent les choses sérieuses, avec l’immigration, dont le représentant n’est même pas monté à bord, nous a pris nos passeports et nous les a rendus très rapidement avec un visa de séjour pour un mois. Ensuite, c’est au tour des services des douanes qui exercent un contrôle plus poussé, remplissent des documents en consignant notre provenance, nos prochaines destinations, ce que nous transportons, drogues, produits dangereux, armes, téléphones satellite et portables, VHF, quantité de carburants, moteurs du bateau et de l’annexe, etc.
La visite du bateau est effectuée très poliment, en demandant l’ouverture de certains placards, je fournis les explications sur leurs contenus, mais sans recherche des recoins ni fouille vraiment approfondie. On a l’impression qu’ils opèrent une visite un peu poussée du bateau plus qu’une investigation militaire.
Il ne reste plus que « la comandancia » qui est la police politique locale, avec les mêmes questions d’ordre général. Nous obtenons un permis de navigation de six mois avec l’assurance que le pays nous est ouvert et que nous pouvons aller et venir sur leur territoire comme nous le désirons.
Nous sommes très étonné de cet accueil et de la simplicité des formalités, précises mais sans inquisition, alors que nous avions plusieurs renseignements d’autres navigateurs passés ces derniers six mois relatant des situations beaucoup plus tendues et un contrôle « à la culotte ».
Tous ces représentants sont très bien habillés de costumes officiels, chaussés de grosses chaussures bien entretenues, ils se sont déchaussés simplement avant de monter à bord, écrivent et s’expriment très bien, ce qui nous change des officiels de la République Dominicaine. Tous sont d’une politesse et d’une amabilité exemplaire. Le fait de m’exprimer correctement dans leur langue nous facilite les échanges et ils croient tous au début que je suis de nationalité espagnole.
La fin de la journée se passe tranquillement dans nos bateaux car nous avons une grosse fatigue à évacuer après deux jours de mer.
Nous prenons, avec Agnès, un taxi pour aller changer des euros en pésos jusqu’à la ville de SANTIAGO, distante de dix kilomètres, les banques étant bien sûr fermées en cette fin d’après midi de samedi et nous passons donc à l’aéroport qui est entre la ville et la marina où nous trouvons un guichet ouvert.
Il va falloir intégrer quelques paramètres qui n’ont pas courts à CUBA. Il est malvenu de marchander, le taux de change est établi par le ministère des finances et est le même pour toutes les officines, le tarif du taxi est établi par un compteur comme partout ailleurs, il semble que la notion de précipitation dans la vie courante soit abolie. Il y a également deux monnaies qui ont cours, le pésos convertible qui vaut 0.90 €, pour les touristes, et le pésos cubain qui vaut trente fois moins que le pésos convertible, pour les cubains et principalement pour tous les petits achats domestiques, un peu compliqué au début ces deux monnaies.
dimanche 1er mars 2009
Le dimanche en début d’après midi, le taxiteur de la veille vient nous chercher pour nous accompagner en ville et rendez-vous est pris pour 19H afin d’aller souper avec langoustes et crevettes locales dans un restaurant « particular ».
Le centre ville de SANTIAGO est assez concentré, les immeubles de style espagnols du début du siècle dans des états disparates, plusieurs petites places sont très arborées et aménagées afin que les cubains puissent se réunir, les rues sont d’une propreté irréprochable, « malgré la frugalité » ambiante.
Nous prenons un très bon café cubain dans ce qui semble être L’HOTEL RESTAURANT du centre ville, style très vielle Espagne. Puis nous allons par les rues en flânant et en choisissant les trottoirs à l’hombre.
Des airs de musiques cubaines nous attirent vers un croisement entre deux rues où est aménagé un petit square et nous trouvons un orchestre de plusieurs musiciens cubains, jeunes et vieux qui s’adonnent à leur art avec une joie très communicative.
On s’installe à une table, on commande nos seconds cafés et tous le monde nous accueille avec des gestes et des sourires de bienvenu. Un quart d’heure après, je danse avec la serveuse du bar une danse qui la fait onduler comme une anguille mais qui fait aussi rire mes amis quant à la raideur de mon postérieur. Nous enchainons en chantant, pendant plus d’une heure, des airs cubains qui ont fait le tour de la terre ces dernières années. Ces orchestres informels se forment les soirs pour jouer jusqu’après la nuit dans la rue et les bars.
Puis vers 6H, nous allons dans un lieu célèbre que l’on nous avait conseillé,
« la taberna de la troba », un bar avec cour intérieure où des troupes de musiciens locaux viennent se produire les fins d’après midi. Nous sommes également très chaleureusement accueillis, placés à la meilleure table et chouchouté.
Nous consommons bières et jus de fruits locaux, mangeons quelques petites spécialités type tapas et assistons à un concert de trois musiciens, guitare sèche, une contre basse et un djumbé qui accompagnent deux chanteuses, une brune plantureuse avec une belle et chaude voix cubaine et une grande mince fière et sa voix grave et posée.
Nous restons là enchantés par nos hôtes et réglons une addition dérisoire.
Nous rejoignons notre nouveau taxi, car celui qui nous avez pris en charge a eu un empêchement de dernière minute. Ce dernier ayant mal compris les explications de son confrère et nous raccompagne à la marina en oubliant le restaurant. Il se confond en excuse et nous propose de nous y ramener gracieusement mais nous refusons poliment et préférons rentrer nous reposer chez nous.
lundi 2 mars 2009
Le lundi matin, nous demandons un taxi afin d’aller en ville faire des achats en produits frais. Nous pensions aller dans un marché centre ville mais le taxiteur nous accompagne dans un marché dans les faubourgs.
Nous arrivons dans un quartier plus populeux, avec des piétons partout, d’aspect général beaucoup plus pauvre mais d’une propreté toujours parfaite.
Le marché est petit et ce sont les paysans qui viennent vendre leurs productions de fruits et de légumes. Il y a un étal de boucher qui expose des morceaux de viande de vache, semble-t-il et de porc, mais tout cela ne nous incite pas à en acheter, ceux-ci sont à même un étal en vielle planches et sans aucune source de froid pour la conservation. Aussitôt abattu, que c’est vendu et consommé dans la journée, étonnant pour nous, européens.
L’approvisionnement en fruits et légumes se déroule dans une ambiance sereine, tout le monde nous regardant avec étonnement mais en nous aidant pour choisir les meilleures pièces, à un prix dérisoire pour nous et que nous réglons en pésos cubains. Nous remarquons que tous les prix sont affichés sur des morceaux de cartons plantés à même les produits et nous payons donc le même prix que les autochtones, ce qui n’est pas le cas ailleurs où nous avons eu à nous énerver quand on avait un prix « spécial touriste ». Que des bons points ici.
Le taxiteur nous aide un peu et nous surveille surtout, dans le sens où après il m’explique qu’il y a des chapardeurs et qu’il faut faire attention à ne pas se faire voler à l’arraché appareils photos ou sacs, mais nous ne nous sommes jamais senti en insécurité. De plus en sortant du marché, nous changeons des euros en pésos convertibles dans une guérite officielle avec gardien. Le taux de change est vraiment déterminé nationalement.
Nous passons dans une boulangerie située à côté du marché où les gens sont étonnés de voir des étrangers mais nous sommes servis avec de grands sourires d’amitié.
De retour à la marina, après avoir déposé les provisions aux bateaux, nous décidons de nous offrir un petit repas au restaurant de la marina, repas de crevettes très convenable et toujours pour un prix faible pour nous.
L’après midi se passe à la préparation du départ pour le lendemain matin et rendez-vous est pris avec le commandant à 7H afin qu’il nous remette « le despacho de salida » qui nous autorise à continuer le voyage partout où l’on veut à CUBA.
Mardi 3 mars 2009
Nous sommes prêts pour 7H du matin mais nous attendrons le bon vouloir du commandant jusqu’à 9H 30.
Nous prenons la mer à 10H pour une étape côtière de 29 NM.
Le trajet se déroule sur une mer calme et nous sommes à destination à 15H
Nous jetons l’ancre devant une route côtière entre des récifs de corail et prions que le vent ne vienne pas de la mer car le mouillage est largement exposé au vent de sud, mais il est vrai que nous sommes dans un régime de vents de Nord à Est très stable depuis quelques semaines.
Bonne nuit de repos et mise en route le lendemain matin à 7H.
Mercredi 4 mars 2009
La distance à courir est plus importante que la veille, 40 NM pour aller vers une petite ville côtière qui s’appelle MAREA DEL PORTILLO.
Même mer que le jour précédent, et je sors pour la seconde fois la belle canne à pèche afin de gagner le repas du soir, on espère toujours en de jours meilleurs.
Vers 13H, par dépit surement, un poisson se prend d’amour pour ce beau rapala et nous remontons une bonite de 48 cm, ce soir ce sera la fête avec nos amis, d’autant que CLAUDE aura aussi une belle touche mais qui est partie avec son leurre.
La suite du trajet se déroule dans la bonne humeur, la mer ayant été une nouvelle fois généreuse avec nous.
Nous arrivons à 14H dans un endroit magnifique, avec une belle anse, entourée de mangrove, entièrement cachée depuis la mer et parfaitement protégée quelque soit la direction du vent, l’eau est un miroir et d’un vert émeraude exceptionnel.
Nos amis arrivent vers 18H mais nous remettons le repas de poisson à demain, car ils sont fatigués de leur journée. Il est vrai que le trajet en voilier représente plus de travail qu’avec « une lanchita à moteur ». Nous sommes en toutes conditions à l’abri à l’intérieur du bateau et eux sont tout le temps, bon ou mauvais, exposés aux conditions atmosphériques à l’extérieur.
Nous avons la visite du représentant « de la Guarda Frontera » afin de contrôler nos documents officiels. L’équipage que nous voyons arriver est surprenant. C’est une petite barque en bois, basse sur l’eau, avec une rameuse et un officiel qui se tient assis dignement à l’arrière. Nous comprenons que c’est la femme du militaire qui rame et qui est également pêcheur.
La conversation s’engage avec respect mutuel et ils repartent après avoir contrôlé les CLAUDE’S en emportant nos permis de naviguer qu’ils nous rendrons à notre départ.
jeudi 5 mars 2009
La nuit nous apporte un repos idyllique et notre réveil au petit jour est joyeux.
Après un gros petit déjeuner, nous décidons de descendre à terre visiter les environs car nous apercevons quelques habitations et ce qui ressemble à deux hôtels.
Nous mettons « petit na maka » à l’eau, l’équipons avec le moteur hors bord qui est toujours en rodage, passons prendre nos amis et partons vers les hôtels.
Nous laissons l’annexe attachée à un petit ponton en béton à moitié effondré et partons en ballade jusqu’à l’hôtel voir qu’elles sont les possibilités du lieu.
Accueil simple à la réception, ils ont l’habitude de voir des touristes mais aucun achat possible dans le pays et il faut aller à l’autre hôtel afin de se connecter sur internet.
Nous descendons jusqu’à l’autre hôtel, qui est de la même chaine, « AMIGO CLUB »
et achetons une carte de 30 minutes de trafic sur internet.
Nous pouvons enfin donner de nos nouvelles aux terriens que nous n’espérons pas trop inquiets. Les connections se font à la vitesse locale, soit 14 MB, donc les trente minutes sont rapidement épuisées.
Etant dans l’impossibilité de faire quelque achat en produit frais, nous remontons à bord pour la fin de la journée.
vendredi 6 mars 2009
La nuit a été un peu plus agitée que la précédente car le vent du Nord s’est levé et nous avons eu un petit clapot de 20 cm, ne gênant pas pour la stabilité du bateau mais qui génère un bruit désagréable quand il vient claquer sur l’étrave.
Je redescends à terre pour faire une séance d’internet plus longue, voulant envoyer des messages plus complets aux familles et aux amis proches qui suivent notre périple, ainsi que pour mes petites affaires non résolues de TOULOUSE.
Nous avons la visite régulière d’un petit catamaran de marque HOBBICAT avec un skipper et des équipiers des hôtels qui ont pris pour destination de ballade nos deux bateaux au mouillage au fond de la baie.
La soirée se déroule devant un apéro sur le voilier « SCORSEAU » des CLAUDE’S afin de préparer le départ du matin et caler la destination d’atterrissage.
Les prévisions météorologiques, que reçoit CLAUDE par satellite, sont pour le moins bizarres, les forces du vent ne correspondent jamais à la situation locale. Le temps restant toutefois maniable, faisant une navigation côtière en ayant le vent qui souffle dans la direction que nous prenons, nous décidons de partir et de franchir le « Cabo CRUZ » qui a mauvaise réputation ici. Nous en avons une certaine habitude car nous avons pratiquement toujours connus des dures conditions pour passer les différents caps rencontrés sur notre route depuis le départ de MARTINIQUE.
samedi 7 mars 2009
Le départ est donné à 8H, soit une heure plus tard que nos amis. Les quatre heures nécessaires pour la descente le long de la côte Sud de CUBA et le franchissement du cap se passent plus tôt bien et nous espérons trouver une eau plus calme en remontant sous le vent du cap.
Grosse déception car nous allons vivre 1H 30 très pénible avec un vent de nord de
20 KN de face et une mer très courte, vive avec des vagues de soixante centimètres environ de haut mais très serrées. Nous passons de fond de près de deux mille mètres le long de la côte à des fonds de quinze à vingt mètres en un demi kilomètre en contournant le cabo CRUZ. Nous progressons vers notre prochain mouillage qui nous semble être un havre de repos comme il y a longtemps que nous n’en avions pas eu. Nos amis arrivent trois heures après nous et sont également content d’être au calme sur de l’eau plate.
Dès notre arrivée, nous apercevons une petite barque, toujours à rame qui vient vers nous. C’est le représentant de la Guarda Frontera qui vient voir qui nous sommes et contrôle nos papiers. Il constate que tout est en règle mais nous demande ce que nous faisons là et pourquoi ici. C’est la première fois qu’ils voient des bateaux de touristes dans ces eaux. Après explications sur notre voyage et les avoir informé qu’un second bateau arrivait, ils repartent vers la terre en gréant une petite voile pour s’aider du vent portant au retour et en prenant en remorque une autre petite barque qui était venu les rejoindre pendant le contrôle. Drôle de tableau pour nous et nous prenons chaque jour conscience de la grande différence entre notre condition et la leur. Nous sommes quelques fois gênés.
Nous sommes bien à l’abri pour la nuit et nous nous couchons très tôt car nous avons une longue journée de navigation demain.
Dimanche 8 mars 2009
Départ à 7H du matin après une grosse collation, nous retrouvons la même mer que la veille car les conditions météorologiques n’ont pas changé durant la nuit.
Les deux premières heures se déroulent en navigant à coté de nos amis, mais nous n’en pouvons plus de recevoir cette mer courte par notre travers à une petite vitesse de 7 KN. Nous décidons d’augmenter notre vitesse jusqu’à 9 KN afin de redonner un peu plus de stabilité à NA MAKA. La décision est bonne car nous souffrons moins du violent tangage latéral. Nous nous apercevons que ce bateau n’est pas adapté aux grandes navigations que nous lui infligeons. Nous comprenons pourquoi tous les bateaux à moteurs que nous avions sélectionnés avant l’achat de celui là avaient une vitesse de croisière de 10 KN environ et qu’ils avaient un poids à vide autour des cinquante tonnes. La vitesse de 10 KN est amplement suffisante dans ce type de voyage et le poids permet d’amortir les coups infligés par les vagues. Pour des navigations de quelques heures, ces éléments ne sont pas à prendre en compte mais pour des navigations au long court durant lesquelles nous pouvons passer plusieurs jours en mer, le confort est quelque chose qui redevient primordial.
La navigation d’aujourd’hui se fait dans une zone où nous avons peu d’eau sous la coque, entre quatre et vingt mètres et nous devons avancer avec précision car il y a de nombreuses « cailles » pas toujours indiquées sur les cartes mais que nous décelons assez facilement par le changement de couleur de l’eau ou par la présence de brisants en surface. Toute cette partie du sud de CUBA, d’une longueur de cinq cent kilomètres par deux cent de large est une immense zone avec peu de profondeur et parsemée de milliers de récifs et de mangrove. Nous rencontrons beaucoup de barques et de très vieux bateaux de pèche car il y a beaucoup de poissons et de langoustes.
Nous empruntons quelques chenaux principaux balisés qui sont indiqués sur notre carte, mais grâce au GPS, nous progressons en sécurité car les balisages sont souvent absents. Il reste quelques marques qui ont résistées aux dernières tempêtes mais pour combien de temps ?
Vers 13H nous arrivons à notre destination, « Cayo Media Luna », un grand récif en forme d’arc de cercle qui nous protège de tous les vents dominants et qui est recouvert de mangrove. Une heure après notre arrivée, une lancha de pèche locale vient mouiller à cinquante mètres de nous ce qui nous fait dire que nous leur avons chipé leur place peut être et que c’est le bon endroit où il fallait jeter notre ancre.
Nos amis arrivent quelques temps après la lancha.
Après avoir mis « petit namak » à l’eau, je vais discuter avec les cinq pêcheurs du bord, l’accueil est toujours joyeux et ils nous offrent spontanément deux pargos qu’ils viennent de sortir de l’eau avec leurs filets, les poissons sont toujours vivants.
Je leur rapporte en cadeau cinq teeshirt neufs qu’ils sont content de recevoir.
En fin d’après midi, nous partons plonger avec CLAUDE sur la pointe ouest, sur des récifs pour voir si l’on peut offrir un souper de fête à nos compagnes, d’autant plus que nous apprenons par la radio locale que c’est la journée internationale de la femme. Malheureusement, le coin est très peu poissonneux et nous ne voyons pas une langouste. On plongera demain sur un autre endroit car on voudrait bien manger des langoustes pêchées par les hommes du bord.
Le repas aura lieu tout de même à notre bord, les poissons seront cuits au four et Madame CLAUDE préparera le plat d’accompagnement et une salade de fruit. On passera une très bonne soirée au bout du monde dans une « solitude » agréable.
Lundi 9 mars 2009
Je passe prendre CLAUDE à son bateau vers 10H et nous partons vers un autre coin pêcher. Equipés comme de vrais plongeurs professionnels, nous partons sonder alentour de « petit namak » que nous laissons se dandiner sur son ancre.
Très rapidement, on trouve des patates de corail et c’est un bon signe car c’est aussi l’habitat de nombreux poissons et des langoustes. Sous une patate de corail, caché dans son trou, je débusque la première langouste mais dans la précipitation de la joie, je la ratte et le temps que je réarme mon arbalète, elle s’enfuit et je ne la revois pas. Il faut que je retrouve les réflexes du chasse sous marin, ne jamais se précipiter et surtout ne jamais quitter des yeux sa proie. Quelques minutes plus tard, mon attaque et couronnée de succès et je prend ma première belle langouste, nous sommes content tous les deux mais il en manque trois autres.
Je remonte une nouvelle fois à la surface en tenant dans la main une langouste que j’ai attrapée dans son trou, mais étant de petite taille, d’un commun accord nous la remettons à l’eau. CLAUDE ayant un peu froid, il sort de l’eau et j’emprunte son arbalète qui est plus petite et donc plus appropriée pour tirer les langoustes dans leurs trous quand on ne peut pas les attraper à la main. Banco, une seconde langouste est capturée, de belle taille ainsi qu’un gros crabe à la carapace bleu. L’eau devenant de plus en plus trouble au fur et à mesure que le soleil monte, nous décidons de rentrer et la première cueillette semble suffisante pour nous quatre.
Nos compagnes ne nous croient pas quand on leur dit notre butin mais c’est une joie sincère au vue des prises.
Je repas du soir sera une fête pour nous avec notre première pêche.
mardi 10 mars 2009
La journée sera une nouvelle fois dédiée à l’entretien des bateaux, au préparatifs pour la navigation du lendemain et au farniente aussi.
mercredi 11 mars 2009
nous avions prévu une grande étape mais hier nous avons tous décidé de la couper en deux. On trouve sans peine un cayo qui pourrait nous abriter cette nuit. Décisions a été prise de s’arrêter sur « cayo Chocolate » à 45 NM.
Départ pour tout le monde à 7H du matin pour slalomer entre les récifs en suivant plus ou moins les canaux balisés.
Nous naviguons depuis le cabo CRUZ sur des fonds qui varient de quatre à vingt mètres de profondeurs. Il faut être très vigilant, pour nous c’est assez facile car notre tirant d’eau est de 1.20 m mais celui du bateau des CLAUDE’S est de 2.50 m. Nous passons quelques centaines de mètres devant eux et nous pouvons ainsi leur défricher une route où nous restons sur des fonds de 5 m minimum.
De même, il n’y a pas toujours les balises qui indiquent les mauvais coins et grâce au GPS et a une attention de tous les instants en n’oubliant pas les courants, tout se passe bien pour le moment.
A 12H 30, un sifflement strident se fait entendre et le temps de réagir, nous avons perdu une ligne complète de pêche. Cela devait être un très gros poisson car le moulinet s’est vidé à une vitesse supersonique sans que je ne puisse rien faire. Je remonte une nouvelle ligne sur notre superbe canne à pêche, avec les explications de CLAUDE, j’ai acquis un peu de la technique de base pour pêcher.
A 14H, un nouveau déclanchement du moulinet met à l’épreuve notre coordination avec Agnès, je fonce sur la canne qui est installée à l’arrière du bateau pendant qu’elle stoppe les moteurs afin de faciliter « le combat » pour remonter la prise. Cette fois cela se déroule bien et nous sortons de l’eau un joli tazar de 56 cm.
Il y aura du bon poisson au souper de ce soir. Le tazar est un poisson recherché car il a une chair fine et gouteuse.
Nous arrivons dans un mouillage qui ne nous inspire pas trop mais nous nous installons au mieux de ce qu’offre l’endroit. Malheureusement, le soir le vent se met à souffler à 20 KN depuis l’ouest, secteur incongru car c’est la première fois que nous le recevons de cette direction. Bien sûr, nous ne sommes protégés du vent que par une barrière de récifs de corail que la mer franchit allègrement et nous passons une nuit à bourlinguer dans notre lit, pas bonne nuit.
jeudi 12 mars 2009
Tout le monde est sur le pont à 6H du matin et à 7H nous sommes déjà en route pour une petite journée de 26 NM. Aujourd’hui, les cannes à pêche restent au chaud, nous avons un tazar en stock car nous ne nous en sommes pas occupés au repas d’hier soir, nos amis étant arrivés très tard par manque de vent l’après midi.
Nous arrivons à notre destination à 11H, « cayo Cuervas » que nous savons être un cayo qui va nous offrir la protection maximale quelque soit la direction du vent.
Effectivement, quand nous arrivons, il y a déjà quatre bateaux de pêches qui sont au mouillage dans cette baie. Nous nous installons non loin des chalutiers qui sont à couples ensembles et nous prenons un bon repas à l’heure syndicale suivi d’une bonne sieste afin de combler le déficit de cette nuit. Nos amis arrivent une petite heure après et en font de même.
Dans l’après midi, je mets l’annexe à l’eau afin d’aller discuter avec les pêcheurs du bateau « madre » comme ils l’appellent. C’est le bateau qui ne pêche pas mais qui stocke dans la glace le produit de la pêche des autres chalutiers et qui sert de base également pour les repas de l’ensemble des pêcheurs de la flottille. Ils m’accueillent chaleureusement et veulent tout savoir sur nous avec gourmandise. Après un grand moment de discutions, je repars avec un cadeau local, huit queues de langoustes fraichement pêchées pour le repas du soir. Je reviens les voir et leur apporte de la part des deux bateaux une bouteille de rhum de république dominicaine. Ils m’invitent à revenir demain soir pour la même chose, mais ils me promettent de nous garder les langoustes entières avec la tête et les pattes, suite à mes « réclamations ». Eux aussi, me disent-ils, mangent les langoustes entières.
vendredi 13 mars 2009
La journée du vendredi est consacrée a rien, il y a des jours comme cela ou nous avons envi de ne rien faire et c’est bon !
Dans l’après midi, comme convenu avec nos amis pêcheurs, je vais les voir sur leur bateau, toujours au mouillage pour bavarder. Il est intéressant de parler des choses avec les gens du cru afin d’entrevoir au cour de notre séjour quelle peut être leur vie. Ils nous offrent à nouveau des langoustes entières et un demi seau de 10 litres de « camarones » c'est-à-dire les grosses crevettes qu’ils ont péchés pendant la nuit.
Nous nous couchons tôt car demain matin nous serons sur le pont de bonne heure pour une petite étape mais nous voulons arriver de bonne heure.
samedi 14 mars 2009
Du cayo CUERVAS, nous prenons la direction du nord vers la terre pour une courte étape de 26 NM vers le cayo PUNTA DE LOS MACHOS, mais pendant laquelle nous allons slalomer entre les iles et les récifs en empruntant des canaux balisés, suivant les informations que nous avons.
En fait, il ne persiste que quelques balises et pas toujours en bon état, mais avec les cartes électroniques et en « lisant la mer », nous arrivons a bon port malgré un vent du nord contraire qui nous donne une mer toujours courte et inconfortable.
Le cayo offre une protection valable par tout temps, il est isolé et nous ne voyons personne sur l’horizon autour de nous. Nous sommes entourés de petites iles basses recouvertes de mangrove. Sur l’une d’elle, nous apercevons une vielle masure en bois qui semble inoccupée. Nous mettons « petit namak » à l’eau pour partir en visite. Nos amis arrivent dans ce temps et nous allons à leur rencontre à l’entrée de ce havre pour leur donner les indications utiles sur la profondeur rencontrée jusqu’à notre emplacement. Leur bateau a un tirant d’eau important de 2.50 m et ils ne peuvent pas aller aussi profond que nous dans les abris.
Nous accostons sur un vieux débarcadère tout branlant et nous arrivons dans un lieu qui semble inhabité depuis quelques temps déjà. Très rapidement, nous sommes entourés de plusieurs iguanes qui semblent curieuses. En fait, quelques unes veulent défendre leur territoire et les plus jeunes viennent voir a quoi ressemblent ces mammifères bipèdes. La maison est en fait une vielle base de pécheur qui n’est utilisée que pendant la pleine campagne de pêche.
Nous ne sommes pas de retour au bateau depuis longtemps que nous voyons arriver une barque à moteur qui se dirige vers nous rapidement. Nous avons droit à la visite du représentant des autorités cubaines qui ont été averties de notre présence par les pêcheurs d’hier et à qui nous avions donné notre destination. Le contrôle se déroule dans la meilleure ambiance possible et nos visiteurs nous quittent pour aller voir nos amis.
En écoutant la radio cubaine, nous avions constatés que nous étions en retard d’une heure et après questionnement de nos amis cubains lors du contrôle qui nous confirme qu’ils sont passés à l’horaire d’été, nous décidons de nous mettre à l’heure et donc d’avancer nos instruments d’une heure.
Pour le repas du soir, nous avons des crevettes à manger avec un grand plaisir, plat que nous savourons car leur goût est véritable et très différent de celui de nos crevettes. Nous décidons également de modifier notre parcours et de supprimer notre étape sur CASILDA et d’aller directement à CIENFUEGOS. Pour cela nous changeons la destination du lendemain.
La nuit se passe sans un nuage et nous dormons comme des bébés.
dimanche 15 mars 2009
Nous partons à 8H du matin, soit une heure après les CLAUDE’S. Après un parcours sans problème, nous sommes à l’abri du cayo « ZAZA DE FUERA » à 14H et nous trouvons là un bateau français qui arrive directement de JAMAIQUE. Nous mettons notre annexe à l’eau pour aller visiter la mangrove et dire bonjour au bateau TI THOM.
Nos amis arrivent vers 17H et nous le dirigeons par radio VHF jusqu’à nous car il faut slalomer entre des récifs cachés juste sous la surface de l’eau.
lundi 16 mars 2009
Notre départ est programmé à 8H, une heure après les deux autres bateaux.
Nous sortons de notre abri par une passe qui me semblait utilisable d’après les cartes et documents en notre possession, option que nous sommes seuls à suivre, les deux autres bateaux préférant rester sur leur route d’entrée. Notre option se révèle payante car nous avons les profondeurs suffisantes entre les récifs et nous gagnons une bonne heure de ne pas suivre les routes habituelles.
Nous arrivons devant l’entrée de l’ensenada de CIENFUEGOS à 15H, l’entrée en est très étroite entre deux falaises avec un phare sur le côté droite de la faille.
A notre arrivée devant le phare, nous sommes précédés par un gros vraquier de marine marchande que nous suivons dans le dédale du chenal, mais nous sommes « suivis » par un pétrolier qui vient livré du pétrole brut de la part du Senior CHAVES, à la raffinerie cubaine installée dans la grande baie fermée qui mesure 16 kms de long par 8 kms de large, une vrai petite mer intérieure.
L’accueil à la petite marina est toujours aussi chaleureux et les formalités sont expédiées très rapidement. Nous les informons que nos amis arrivent plus tard et qu’il leur faut une place à quai avec trois mètres d’eau de fond eu égard à leur fort tirant d’eau, « no y problema » me disent-t-ils en m’indiquant un emplacement.
A leur arrivée, je leur indique la place attribuée, mais un quart d’heure après leur installation, leur bateau était posé par terre, le peu d’amplitude de marée avait été suffisant pour les faire talonner. On déplace à nouveau le bateau dans l’instant pour une autre provisoire car actuellement ils sont sur celle du quai de ravitaillement en carburant. Ils poseront leur bateau définitivement le lendemain matin.
Pour finir la journée calmement, nous allons souper au restaurant de la marina. Définitivement, nous sommes, nous français, très exigeant sur la qualité des mets et peu de plats trouvent grâce à notre goût, la cuisine locale étant très peu variée, nous retrouvons les mêmes accommodations que dans les autres iles avec peu de variété.
Inscription à :
Articles (Atom)